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Tableau économique de l’artisanat



13 novembre 2014

Ce tableau économique, construit en lien avec la Direction générale des entreprises (DGE), l’Union
professionnelle artisanale (UPA) et l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (APCMA), a pour objectif de mesurer les performances économiques de l’artisanat dans ses différentes composantes sectorielles, mais aussi de suivre les évolutions depuis 2000.


Pour ce faire, un travail de collecte et de traitement statistique a été engagé (notamment auprès de
l’INSEE). Un partenariat a également été conclu avec l’ACOSS-URSSAF pour l’étude de l’emploi salarié, ainsi qu’avec la Direction de l’évaluation, de la Prospective et de la Performance [DEPP] du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour ce qui concerne les données sur l’apprentissage.


Cette première édition, qui parait dans la collection « Etudes et Recherches de l’ISM » dresse ainsi une fresque inédite de ces petites entreprises, leur poids dans le tissu économique, leur démographie, leur distribution dans les territoires. L’évolution de l’activité est abordée principalement sous le prisme de l’emploi salarié, avec une mise en perspective des besoins de main d’oeuvre.


Les principaux traits marquants ?



Une forte progression du tissu économique et de l’emploi entre 2000 et 2013


Le tissu d’entreprises est en forte progression et atteint 1.1 million d’entreprises.
Cette forte dynamique conforte le poids de l’artisanat dans la création de richesse du secteur marchand (10.7 % de la valeur ajoutée en 2010, contre 10 % en 2000) et dans l’emploi (l’artisanat pèse 2.7 millions d’emplois, dont 170 000 apprentis).



Un monde de micro-entreprises, mais une capacité à structurer des petites PME


L’artisanat est constitué à 96 % d’unités de moins de 10 salariés (dont 60 % sans salarié). Ce poids des micro-entreprises s’explique par le fait que la création d’entreprises artisanales est soumise à un critère de taille. La capacité à générer des petites entreprises n’en est pas moins importante puisque plus de 55 000 entreprises artisanales ont plus de 10 salariés, soit 37 % des entreprises de 10 à 19 salariés du secteur marchand.


Un secteur attractif qui accueille 30 % des créations annuelles d’entreprises

Le développement du tissu économique artisanal est dû principalement à l’augmentation du nombre des créations d’entreprises (de 60 000 en 2000, à 92 000 en 2008 et 173 000 en 2013). Signe de cette forte attractivité des «métiers» de l’artisanat, on constate en même temps une diversification des profils d’entrepreneurs. Les dirigeants sont de plus en plus diplômés (un quart de l’enseignement supérieur). 21 % des projets sont portés par des femmes, 21 % également par des seniors-entrepreneurs de plus de 50 ans.


Des évolutions sectorielles contrastées


La croissance du nombre d’entreprises et des emplois des années 2000 à 2010 a surtout été alimentée par les entreprises des secteurs du BTP et des services. Dans les services, les soins à la personne connaissent également une progression spectaculaire, de même que les services de nettoyage ou les transports, alors que d’autres secteurs sont en baisse comme la blanchisserie. Le tissu des entreprises artisanales de l’alimentation poursuit sa mue : les métiers de bouche font évoluer leur organisation avec une stabilité du nombre d’entreprises depuis 2010 et une taille moyenne d’entreprise en progression liée à l’augmentation des effectifs salariés (tout particulièrement dans le secteur de la boulangerie-pâtisserie et celui de la boucherie). Le nombre d’entreprises de fabrication de plats à emporter et restauration mobile explose quant à lui, bénéficiant de la forte croissance du marché de la consommation nomade.


Les activités les plus fragilisées sur la période sont celles de l’industrie manufacturière (artisanat de fabrication).


Un maillage très dense des territoires ruraux et urbains

L’artisanat participe aux dynamiques économiques territoriales, que ce soit dans l’économie résidentielle (79 % de ses entreprises permettent une desserte souvent communale en matière de services à la population) ou dans les filières de production (79 % des entreprises des secteurs de l’industrie manufacturière sont artisanales !)

La présence des entreprises reste forte dans les communes rurales : 25 % y sont localisées (alors que 23 % de la population y réside).


On constate enfin la forte permanence de « bassins de compétences » dans les régions, souvent anciens.


La dégradation du nombre des emplois salariés dans certains secteurs depuis 2009 témoigne pourtant d’une dégradation du contexte économique


Quelques signaux montrent que les bons chiffres de la création d’entreprises sont en trompel’œil : depuis 2008 et la crise économique, la progression du tissu ne concerne que les entreprises sans salarié (et pour moitié des auto-entrepreneurs) : on constate même pour la troisième année successive une baisse des entreprises de 1 à 9 salariés.
Selon l’ACOSS, l’artisanat a ainsi perdu 113 000 emplois salariés, principalement dans le BTP (71 000) et les activités de fabrication (42 000).

Malgré cela, les entreprises déclarent faire face à des difficultés de recrutement aiguës dans le travail des métaux, ainsi que dans des secteurs en croissance (charpente, couverture…) ou, dans des secteurs en forte mutation (comme l’imprimerie, la charcuterie…).

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Ainsi, le tableau économique de l’artisanat montre donc des métiers « en mouvement » et témoigne de la forte capacité d’adaptation des entreprises artisanales. Les prochaines éditions permettront d’approfondir certaines caractéristiques comme l’emploi non salarié, ainsi que la contribution de ces entreprises aux dynamiques d’innovation et d’exportation. Enfin des éditions trimestrielles permettront aux pouvoirs publics et organisations de l’artisanat de suivre l’évolution de ce secteur socio-économique majeur et de prendre les mesures adaptées aux territoires et métiers concernés.