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Observation et analyse des missions des élus

L’Institut Supérieur des Métiers met à profit ses interventions en matière de formation et d’appui aux structures de représentation de l’artisanat pour observer et analyser l’évolution des missions confiées aux élus ainsi que l’évolution des contextes dans lesquelles ces missions sont exercées.
 

Un double constat : diversification et complexification des missions de l’élu


Diversification des missions de l’élu

Les missions de l’élu se diversifient du fait de la multiplication des partenaires et des instances s’intéressant à l’artisanat ou devant le prendre en compte. Cette diversification des missions est aussi le fait de l’extension des champs sur lesquels les adhérents ou ressortissants demandent des services, des appuis ou des interventions de leurs représentants.


L’élu de l’artisanat a pour missions d’animer, de représenter, de défendre le secteur qui le mandate et de proposer des dispositions, mesures et actions favorables aux entreprises qu’il représente. Il doit être le porteur de valeurs et de messages propres à sa branche professionnelle en fonction des grands enjeux et des stratégies de son métier. Dans le cas d’un mandat interprofessionnel ou consulaire, il représente l’ensemble d’un secteur dont il doit comprendre les problématiques et les stratégies.


Dans les deux cas, ses interlocuteurs sont multiples et il doit identifier leurs rôles avec précision et discernement. Ils sont internes ou externes à l’organisation qui le mandate :

  • Ses interlocuteurs internes sont d’autres élus de l’artisanat et des collègues, adhérents ou non adhérents à une Organisation Professionnelle. Dans ce contexte l’élu doit faire preuve de qualité d’écoute, de compétences en animation, de sens du service, d’aptitude à convaincre… Il doit susciter des réflexions génératrices d’idées nouvelles, savoir expliquer les enjeux de la profession, faire comprendre et approuver des lignes politiques définies par l’organisation dont il est un important vecteur de communication.
  • Ses interlocuteurs externes sont multiples et variés. Ce sont des partenaires publics ou privés auprès desquels il doit, soit faire connaître sa profession et son organisation, soit défendre des positions et points de vue, soit négocier et définir des points d’accord.


C’est ainsi que l’on peut distinguer 6 grandes fonctions pour un même élu :

  • La fonction d’animation tant en interne pour que des points de vue soient recensés, compris, validés et exprimés, soit en externe pour participer activement à des groupes constitués par des partenaires.
  • La fonction d’information pour se documenter et préparer des interventions pertinentes.
  • La fonction de décision soit pour contribuer à l’élaboration d’une proposition, soit pour infléchir une décision extérieure concernant l’intérêt des mandants.
  • La fonction de communication avec ses mandants et ses collègues élus, avec les collaborateurs permanents de son organisation, avec les partenaires institutionnels.
  • La fonction de négociation et d’argumentation lorsque l’intérêt de la branche professionnelle ou du secteur passe par la gestion de divergences, d’oppositions ou de conflits.
  • La fonction de suivi de projet pour que son organisation conduise des actions avec succès ou participe activement à des projets mis en œuvre avec divers partenaires.


Complexification des missions de l’élu

Les missions de l’élu se complexifient, impliquant des niveaux d’expertise accrus face à l’exigence des partenaires ou des artisans. En effet les partenaires du développement économique local voient leurs champs de compétence élargis et leurs attentes vis à vis de l’artisanat s’accroissent. Dans le même temps, les artisans, percevant la proximité d’un pouvoir local renforcé, demandent à leurs représentants la plus grande efficience.


L’élu de l’artisanat doit représenter et défendre sa profession, mais aussi promouvoir son organisation, satisfaire ses adhérents, négocier avec divers partenaires, etc., tout en s’informant sur de nombreux sujets et en travaillant particulièrement certains domaines spécialisés sur lesquels il s’engagera dans une voie d’expertise.

Ces nécessités s’imposent aussi aux élus des chambres consulaires, qui doivent faire preuve d’une capacité d’analyse globale du secteur pour participer avec pertinence à l’orientation et à l’élaboration des programmes d’actions de ces établissements publics en synergie avec les organisations professionnelles.


Chaque mission confiée à l’élu implique des compétences et des aptitudes « transversales » dans la mesure où toute relation interne a des répercussions en externe et où toute négociation externe doit faire l’objet d’informations et de réflexions en interne.


Face à cette complexité, une préparation des élus de l’artisanat à l’exercice de leurs mandats doit :

  • d’abord viser la compréhension globale des systèmes qui constituent leur environnement : organisation de la représentation de l’artisanat, rôles des partenaires et organisation administrative, relations avec les collectivités…
  • … avant d’approfondir certains domaines dans lesquels des compétences plus spécialisées sont nécessaires : sécurité, réglementation, dialogue social, développement économique local, financement et cautionnement, etc.


Une évolution qui constitue un risque mais également une opportunité

Les évolutions constatées des missions de l’élu constituent à la fois une opportunité et un risque :

  • Le risque, c’est celui de décevoir les artisans et les partenaires par une intensité trop faible ou trop catégorielle des interventions, des réflexions et des participations.
  • En revanche, une opportunité réside dans le fait que le secteur n’a jamais eu autant de chances d’être entendu par des partenaires locaux au pouvoir de décision renforcé.


Grâce à ses interventions directes auprès des diverses structures de l’artisanat, l’Institut Supérieur des Métiers enrichit en permanence sa connaissance des contextes de l’exercice de la fonction d’élu. Cette connaissance actualisée est mise à la disposition des organisations du secteur souhaitant mettre en place un dispositif de préparation et de perfectionnement des élus à l’exercice de leurs missions.