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Ouvrages

Tableau de bord de l'apprentissage artisanal - Edition 2016


Date : Décembre 2015 Auteur : ISM Collection : Etudes et Recherches
Nombre de pages : 52 p. Prix : Epuisé
 

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L’Institut Supérieur des Métiers a été chargé par la Direction Générale des Entreprises de produire des statistiques sur l’apprentissage artisanal, afin d’identifier les questions-clés relatives au développement de l’apprentissage et de se doter d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs susceptibles d’optimiser la relation formation-emploi par la voie de l’apprentissage.

Pour ce faire, une convention de partenariat a été conclue avec le ministère de l’Education Nationale (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) afin de pouvoir analyser les données de son « système d’information sur la formation des apprentis » (SIFA) sur le champ de l’artisanat. Cette base de données alimentée par les Centres de Formation d’Apprentis répertorie les apprentis scolarisés au 31 décembre de chaque année. L’ISM en a assuré l’exploitation pour ce qui concerne les apprentis employés dans des TPE artisanales de moins de 20 salariés au 31 décembre 2013, actualisant la première édition publiée sur la base des données SIFA 2012/13.

SYNTHESE DES RESULTATS

1. L’implication des TPE artisanales dans la formation d'apprentis reste forte

Les TPE artisanales emploient et forment 160 000 apprentis, soit 37 % du total des apprentis scolarisés en France en 2012/2013.

  • L’artisanat maintient donc un poids élevé dans l’effort d’apprentissage, bien au-delà de son poids dans l’emploi salarié marchand qui est de 9 %.
  • Dans les TPE artisanales, près d’un salarié sur 10 est un apprenti.

On constate plusieurs déterminants dans le développement de l’apprentissage artisanal :

  • Un effet sectoriel : 80% des apprentis de l’artisanat sont employés dans 15 activités (sur les 327 activités relevant de l’artisanat).

Les principales activités employeuses d’apprentis sont les métiers de bouche (les TPE de boulangerie, premier secteur employeur, forment 24 700 apprentis, la boucherie 4800, la pâtisserie 3200), les activités du bâtiment (8 activités regroupent 53600 apprentis) et quelques activités de service comme la coiffure (19000 apprentis), la réparation automobile (10400), les soins de beauté (3800) et la fleuristerie (3800).

La propension à former des apprentis [1] est la plus élevée dans les métiers de bouche : plus d’une entreprise sur deux y accueille des apprentis. Ce taux est moindre dans les autres secteurs : il est de « une entreprise sur huit » dans les secteurs du BTP et des services et de « une entreprise sur douze » dans les activités de fabrication.

  • La structure d’emploi des entreprises artisanales est un autre facteur explicatif du développement de l’apprentissage : ainsi, l’apprentissage est porté principalement par les entreprises artisanales employeuses. Si plus de 60% des entreprises sont aujourd’hui sans salarié, seules 4% d’entre elles forment des apprentis. Ce ratio est de 25% pour les entreprises de 1 à 2 salariés, 31% pour les entreprises de 3 à 5 salariés, 42% pour les 6-9 salariés et 49% au-delà.
  • On constate enfin un facteur géographique : la propension des TPE artisanales à former des apprentis varie du simple au double selon les régions. Outre la structure d’emplois des entreprises (plus élevée au Nord de la Loire), le poids des catégories socio-professionnelles techniques et ouvrières dans la population paraît un autre déterminant. L’apprentissage est ainsi moins répandu dans les territoires urbanisés où la part des cadres et professions intermédiaires est plus importante.

2. Le nombre d'apprentis est pourtant en forte baisse depuis 2010

Le nombre total d ‘apprentis formés est en recul de 4% par rapport à 2012/13, cela pour la seconde année consécutive (la baisse était de 2% entre 2011/12 et 2012/13).

L’évolution du nombre d’inscrits est plus significative de la tendance engagée : les TPE artisanales ont accueilli en 2013/14 78900 nouveaux inscrits, contre 84700 en 2012/13 et 89400 en 2010/2011. Le recul est encore plus sévère dans les activités du BTP et de fabrication (respectivement -11% et -10%).
Sur les 15 secteurs d’activité bastions de l’apprentissage artisanal (employant près de 80% des effectifs d’apprentis), tous sont concernés par la baisse, hormis la boulangerie-pâtisserie, la boucherie, les soins de beauté et les travaux d’aménagement paysager.

Les facteurs avancés pour expliquer cette crise sont de plusieurs ordres, notamment l’instabilité des aides financières publiques en faveur de l’apprentissage. Cette tendance est également corrélée avec la baisse importante de l’emploi salarié dans l’artisanat : entre 2010 et 2013, l’artisanat a perdu 54000 emplois salariés et 12000 entreprises employeuses, dont nous avons vu précédemment qu’elles accueillaient la majorité des apprentis.

Il y a donc manifestement une raison conjoncturelle à la baisse de l’apprentissage. Cette dernière pourrait devenir structurelle, dans la mesure où la croissance du tissu d’entreprises artisanale ne concerne ces 5 dernières années que des micro-entreprises sans salarié.

3. Les deux-tiers des apprentis préparent un diplôme de niveau V, mais le glissement progressif vers les niveaux IV et supérieurs se poursuit

L’apprentissage aux métiers de l’artisanat se caractérise par la prépondérance des diplômes de niveau V préparés par les deux tiers des apprentis (contre 41% de l’ensemble des apprentis formés en France).

Ces choix de formations sont à mettre en correspondance avec la structure des emplois et professions de l’artisanat : en 2012, 89% des emplois salariés occupés (hors dirigeants) étaient en effet des emplois d’ouvriers et d’employés.

On constate néanmoins une lente montée des niveaux de formation. En l’espace d’une génération, la part des diplômés de niveau IV est ainsi passée de 12% des apprentis formés (en 1995) à 29%.

Cette tendance se poursuit entre 2012 et 2013, la part des diplômes de niveau IV et supérieurs progressant de 1 point.

Les TPE artisanales forment également des apprentis à des diplômes de l’enseignement supérieur : 11700 en 2013/14 (contre 10300 l’année précédente).

On constate de fortes disparités sectorielles dans les parcours de formation choisis :

  • Dans l’alimentation, l’offre reste structurée principalement sur le CAP (77 % des apprentis en CAP).
  • Dans le BTP et les services, une majorité d’apprentis sont en niveau V, mais l’ouverture aux niveaux IV est plus importante : 27 % des apprentis dans le BTP, 41 % dans les services.
  • L’artisanat de fabrication fait exception, avec une majorité d’apprentis en niveaux IV (37 %) et supérieurs (31 %). Mais dans ces cas, l’offre de formation est également déterminée dans de nombreux secteurs par les PME industrielles.

La construction de l’offre de formation au plan régional est un autre facteur explicatif : la part des apprentis préparant un diplôme de l’enseignement supérieur varie su simple au triple selon les régions. Elle est plus élevée en Ile-de-France (12%) et dans les régions orientales (10% en Alsace, Lorraine, Franche-Comté), et la plus faible en Bretagne, Basse-Normandie et Haute-Normandie (entre 3% et 5%).

4. Les parcours d'entrée en apprentissage : des orientations parfois tardives

Les apprentis démarrant un nouveau diplôme en 2013/14 provenaient pour un tiers d’entre eux du collège, 19% du lycée général ou professionnel, 2% de l’enseignement supérieur. Un tiers étaient déjà apprentis et poursuivaient leur parcours d’alternant.

On constate donc une diversification des portes d’entrée dans l’apprentissage, notamment en provenance de l’enseignement secondaire. Ce phénomène témoigne du développement des parcours de réorientation, soit de la part de décrocheurs (généralement du lycée général ou professionnel), soit de jeunes diplômés.

Les décrocheurs proviennent principalement du lycée général (classe de seconde) et professionnel. Ainsi, parmi les apprentis ayant démarré la préparation d’un CAP, 5% étaient précédemment inscrits en Bac Pro, 7% en lycée général, 1% dans l’enseignement supérieur. Ces décrocheurs sont également nombreux parmi les inscrits en Bac Pro (14% d’entre eux proviennent du lycée général).

Les TPE artisanales recrutent également de leurs apprentis parmi des jeunes en emploi (2%) ou sans emploi (2%).


[1] Ce taux est calculé en rapportant le « nombre d’apprentis » au « nombre de TPE artisanales actives dans l’activité ».