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Ouvrages

Tableau de bord de l'apprentissage artisanal - Edition 2017


Date : Septembre 2017 Auteur : ISM Collection : Etudes et Recherches
Nombre de pages : 64 p. Prix : 20 euros
 

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L’Institut Supérieur des Métiers a été chargé par la Direction Générale des Entreprises de produire des statistiques sur l’apprentissage artisanal, afin d’identifier les questions-clés relatives au développement de l’apprentissage et de se doter d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs susceptibles d’optimiser la relation formation-emploi par la voie de l’apprentissage.

Pour ce faire, une convention de partenariat a été conclue avec le ministère de l’Education Nationale (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) afin de pouvoir analyser les données de son « système d’information sur la formation des apprentis » (SIFA) sur le champ de l’artisanat. Cette base de données alimentée par les Centres de Formation d’Apprentis répertorie les apprentis scolarisés au 31 décembre de chaque année. L’ISM en a assuré l’exploitation pour ce qui concerne les apprentis employés dans des TPE artisanales de moins de 20 salariés au 31 décembre 2015.

Synthèse des résultats

Avec 143 200 apprentis formés en 2015-2016, l’artisanat demeure un acteur fortement investi dans la professionnalisation des jeunes : les entreprises artisanales emploient ainsi 35 % du total des apprentis.

La moitié des apprentis intègrent cette filière de formation après le collège, majoritairement pour préparer un CAP, ce qui explique la moyenne d’âge moins élevée des apprentis de l’artisanat (46 % sont mineurs). 20 % des inscrits sont en poursuite d’étude après avoir obtenu un premier diplôme du secondaire (CAP, BEP, Bac…). Un inscrit sur trois est un décrocheur - généralement en provenance du lycée, plus rarement de l’université - et se réoriente. Ces différences de parcours témoignent des aléas de l’orientation.

L’apprentissage demeure un bon sésame pour accéder à l’emploi : 56 % des diplômés d’un CAP sont en emploi 7 mois après leur sortie du CFA, contre 27 % en moyenne des jeunes formés par voie scolaire. Ce taux monte à 75 % pour les anciens apprentis de l’artisanat titulaires d’un diplôme de niveau IV (BAC, BEP) ou supérieur (plus de 11 000 apprentis de l’artisanat préparent un tel diplôme). Dans la moitié des cas, l’employeur est l’ancien maître d’apprentissage. Plus tard, une bonne part de ces apprentis créeront leur entreprise (42 % des chefs d’entreprises artisanales sont ainsi passés par l’apprentissage).

Comment évolue ce système vertueux ? Entre 2012 et 2015, le nombre d’apprentis employés dans l’artisanat a globalement baissé, notamment en raison d’une conjoncture économique défavorable (avec une exception, celle de l’apprentissage dans les métiers de bouche, particulièrement dynamique). En 2015-2016, le nombre total d’apprentis formés
baisse à nouveau, mais les inscriptions en première année repartent à la hausse, notamment dans les activités de service, comme la réparation automobile ou les soins de beauté. Le retournement de conjoncture pourrait donc conduire à un redressement des courbes.

Une autre évolution est à suivre : la forte progression des entreprises unipersonnelles. En effet, ces entreprises qui représentent désormais 65 % du tissu artisanal, ne forment que 17 % des apprentis. Ce rôle est assuré principalement par les entreprises employeuses.


Ce tableau de bord montre également que l’évolution de l’apprentissage obéit à différents déterminants territoriaux :

  • la culture régionale : l’apprentissage est plus développé dans la moitié nord du territoire (avec sur le podium les régions Pays de la Loire, Normandie et Centre-Val de Loire), à l’exception notable de l’Île-de-France ; l’apprentissage est également moins présent dans l’Outre-mer (Antilles-Guyane) ;
  • les politiques territoriales : l’apprentissage a globalement mieux résisté ces dernières années dans les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine ; la reprise ne s’observe pas encore en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes ;
  • la nature de l’offre de formation : selon les régions, la part d’apprentis suivant une formation de niveau IV et III varie de 30 % (Normandie) à 41 % (Pays de la Loire) ;
  • la densité du maillage de CFA : 75 % des apprentis de l’artisanat se forment dans le même département que celui de leur entreprise d’accueil. Les secteurs où ce taux est plus faible (les activités de fabrication, des travaux publics) sont aussi ceux qui forment moins d’apprentis.


Cette exigence de proximité entre l’entreprise et le CFA est une contrainte difficile à mettre en oeuvre en raison de la grande diversité des diplômes suivis : plus de 400. En réalité, 56 % des apprentis de l’artisanat inscrits en première année se répartissent dans 18 diplômes. Pour ces diplômes à grosse cohorte, il existe au moins un CFA d’accueil par département. Pour une centaine d'autres diplômes, l’offre se décline plutôt à l’échelle régionale. Pour le reste, la proximité est en revanche difficile à organiser, l’éloignement du CFA conduisant à limiter de facto le nombre d’apprentis. Une cinquantaine de spécialités ne sont d’ailleurs préparées par apprentissage que dans un unique site de formation en France.