Analyse comparative de trois enquêtes nationales
LUS POUR VOUS
- U2P / Xerfi – Baromètre national des entreprises de proximité (4T 2025) – Enquête trimestrielle auprès d’un échantillon de 7675 entreprises mesurant l’évolution en volume et en valeur, avec analyse sectorielle (Artisanat du BTP, Alimentation de détail et hôtellerie-restauration, artisanat de fabrication et des services, professions libérales) et par taille (incluant entreprises sans salarié)
- Ordre des experts-comptables – Image PME – 4e trimestre 2025 – Base de 530 000 TPE-PME issues des cabinets d’expertise comptable. Indices ICA et ICAC. Données en valeur non corrigées de l’inflation.
- Ifop / Fiducial– Baromètre des TPE (janvier 2026) – Enquête téléphonique auprès de 1 016 dirigeants de TPE (0–19 salariés, au CA supérieur à 35 k€). Indicateurs d’opinion (climat économique, activité, emploi).
Les trois enquêtes convergent vers un constat commun : 2025 constitue une nouvelle année de contraction pour l’activité des très petites entreprises, dans un environnement économique incertain et peu porteur. Elles confirment la fragilisation des très petites entreprises françaises. Les entreprises de moins de 20 salariés — et plus encore celles de moins de 6 salariés — semblent constituer aujourd’hui le segment le plus vulnérable du tissu économique.
Bilan des quatre trimestres 2025 : une dynamique annuelle négative
Alors que l’activité économique française a maintenu une croissance positive en 2025 (avec un PIB en hausse de 1.2% par rapport à 2024), l’activité des TPE a reculé, selon le Baromètre UP / Xerfi , en raison d’une demande intérieure ralentie :
- L’activité des entreprises de proximité recule de –1 % sur l’ensemble de l’année 2025.
- Il s’agit de la troisième année consécutive de baisse.
Le chiffre d ‘affaires est en net repli pour les TPE de construction (-4% en volume, -3% en valeur) et celles de fabrication et services (-1.5 en volume,-1% en valeur). Il est stable comparativement à 2024 pour les professions libérales, les TPE de l’alimentation et de l’hôtellerie-restauration malgré un mauvais 4e trimestre.
Image PME corrobore ce diagnostic, avec une estimation plus prononcée de l’activité : –0,8 % de chiffre d’affaires cumulé sur l’année 2025 (–2,1 % au 4e trimestre 2025)
avec des données non corrigées de l’inflation (0,9 % en moyenne annuelle), et donc un recul en volume plus marqué.
Certains secteurs échappent à ce climat , comme les pharmacies (+4.2% en volume), les agences immobilières (en reprise d’activité en 2025 : +6.8% en volume) ou les écoles de conduite (+2.7% en volume).
Le Baromètre des TPE IFOP/Fiducial met quant à lui en évidence un moral dégradé tout au long de l’année :
- 84 % des dirigeants sont pessimistes vis-à-vis du climat général des affaires en France ;
- 54 % sont pessimistes pour leur propre activité.
Un effet taille déterminant en 2025
L’analyse par taille est structurante : les TPE de moins de 6 salariés sont ainsi plus fortement touchées (UP / Xerfi) : –2,1 % en volume pour les entreprises de moins de 6 salariés, –0,6 % pour celles de plus de 6 salariés.
Ce différentiel confirme que la fragilité est concentrée sur les entreprises les plus petites, qui disposent de marges financières plus faibles et subissent plus fortement les fluctuations de la demande.
Les données Image PME montrent que les secteurs fortement représentés parmi les TPE (construction, maçonnerie, boulangerie) sont précisément ceux qui reculent le plus en 2025.
Selon enfin le Baromètre des TPE IFOP/Fiducial, le pessimisme est particulièrement marqué dans les entreprises de moins de 10 salariés.
Des trésoreries sous tension
Le baromètre UP / Xerfi souligne des soldes d’opinion négatifs sur la trésorerie, à l’exception des professions libérales.
La hausse des défaillances observée par Image PME confirme la fragilisation financière.
Selon le Baromètre des TPE IFOP/Fiducial, 41% des TPE rencontrent des difficultés financières dont 20% des difficultés « assez ou très importantes ».
Environ 8% pourraient être contraintes de déposer le bilan ou de cesser leur activité en raison de difficultés financières (14% dans l’hôtellerie).
L’emploi reste atone
Selon Ifop/FIducial, 8 % des TPE ont embauché au 4e trimestre 2025. 6 % ont supprimé ou envisagent de supprimer des postes.
La dynamique d’emploi demeure faible, traduisant un climat d’attentisme.
Les anticipations pour 2026 sont peu encourageantes
Pour le 1er trimestre 2026, l’activité devrait à nouveau être orientée à la baisse selon le Baromètre U2P/Xerfi : 22 % anticipent une dégradation, contre 9% une amélioration.
Article rédigé par Catherine ELIE, Institut Supérieur des Métiers





