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« Femmes dirigeantes : moins de demandes de crédit, mais pas plus de refus », Banque de France, Bloc Notes Eco 431, 6 février 2026.
Cette étude apporte un éclairage inédit sur l’accès au financement bancaire par les cheffes d’entreprise, par comparaison à leurs homologues hommes. Elle montre, toutes choses égales par ailleurs, que les entreprises dirigées par des femmes fonctionnent avec moins de crédit bancaire que celles dirigées par des hommes et en analyse les raisons. Les travaux s’appuient sur l’ensemble des crédits accordés entre 2012 et 2023 par les banques aux entreprises françaises.
Un moindre recours au crédit bancaire
Selon l’étude, les entreprises dirigées par des femmes demandent moins souvent des crédits bancaires que celles dirigées par des hommes.
Cet écart concerne tous les principaux instruments utilisées par les petites entreprises :
– lignes de crédit : entre 2012 et 2023, 24% des entreprises dirigées par une femme ont demandé une ligne de crédit au cours des 12 derniers mois, contre 31% des entreprises dirigées par un homme.
– crédits de trésorerie : sur la période, 5% des cheffes d’entreprise ont demandé un crédits de trésorerie au cours des 3 derniers mois, contre 7% de chefs d’entreprise.
– crédits d’investissements : sur la période, 15% des entreprises dirigées par une femme ont réalisé une demande de crédit d’investissement au cours des 3 derniers mois, contre 18% des entreprises dirigées par un homme.
L’étude montre que la probabilité de rejet d’une demande de crédit est comparable que l’entreprise soit dirigée par une femme ou par un homme, dès lors que l’on tient compte des caractéristiques de l’entreprise (secteur, risque de crédit, etc.) et de celles du dirigeant (âge, faillites passées, etc.). Ainsi, l’écart d’utilisation du crédit bancaire provient d’une demande moins fréquente des femmes dirigeantes que de leurs homologues masculins et non d’un déficit de l’offre et du comportement des banques.
Évolution de la demande de crédit bancaire

Une différence genrée au niveau de l’éducation financière
Pour expliquer cet écart, les études menées dans ce domaine mettent souvent en avant les différences de tempérament entre les hommes et les femmes, notamment une plus grande aversion au risque des femmes (un point mis en évidence par l’enquête U2P/ISM sur la vie des cheffes d’entreprise*). Une autre hypothèse formulée par les auteurs porte sur la moindre éducation financière des femmes, une caractéristique pointée par des travaux menés auprès des cheffes et chefs d’entreprise installés depuis moins de 5 ans. Même s’il faut prendre ces résultats avec prudence, cela pourrait contribuer à expliquer le moindre recours au crédit bancaire par les femmes dirigeantes et de mettre en place des dispositifs pour mieux les accompagner dans ce domaine.
(*) Voir les résultats complets de cette enquête sur le site de l’ISM.
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Article rédigé par Mylène Reboul-Salze, Institut Supérieur des Métiers