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« L’activité des fleuristes, jardineries et animaleries stagne depuis 2023, après avoir été favorablement orientée pendant la crise sanitaire », INSEE FOCUS n°379, avril 2026
Cette note de l’INSEE analyse l’activité économique des fleuristes, jardineries et animaleries à travers plusieurs indicateurs financiers (évolution du chiffre d’affaires, valeur ajoutée, rentabilité économique, taux d’investissements), cela en comparaison avec d’autres commerces de détail.
> Un marché à 11 milliards d’euros
En 2023, le commerce de détail de fleurs, plantes, engrais et animaux de compagnie représente 11 milliards d’euros (hors taxes). L’activité se répartit entre :
- les végétaux et associés (5,0 milliards d’euros)
- les animaux de compagnie et leur alimentation (5,5 milliards d’euros)
- des activités annexes ou commissions sur la vente à distance (400 millions d’euros).
Ce secteur se distingue par la présence à la fois d’acteurs spécialisés (fleuristes, jardineries et animaleries) et d’enseignes généralistes (grandes surfaces, magasins de bricolage, enseignes de décoration), qui ne sont pas classés dans ce secteur même s’ils réalisent une part importante du marché et notamment en ce qui concerne l’alimentation des animaux de compagnie.
Un tissu d’entreprises dominé par les petites structures
Près de 13 900 entreprises sont déclarées sous le code d’activité 4776Z – Commerce de détail de fleurs, plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et aliments pour ces animaux en magasin spécialisé. Ces entreprises spécifiques réalisent un chiffre d’affaires de près de 5,3 milliards d’euros en 2023.
97% des entreprises sont des entreprises de moins de 10 salariés et génèrent une part importante de la valeur ajoutée du secteur au sens large.
Une dynamique marquée par la crise sanitaire puis par l’inflation
Après une phase de croissance dans les années 2000 et une stabilisation dans les années 2010, le secteur a connu un regain d’activité pendant la crise sanitaire. L’augmentation du temps passé à domicile a favorisé l’émergence de nouveaux comportements de consommation dont les achats liés au jardinage et aux animaux de compagnie ont tiré bénéfice. Sur la période 2014-2019, le chiffre d’affaires augmentait de +1,6% par an en moyenne tandis qu’il a augmenté de +4,8% en 2020 et de +23% en 2021.
Cependant, dès 2022, la hausse des coûts (matières premières, énergie) a inversé la tendance : le chiffre d’affaires s’est maintenu mais les volumes de vente ont reculé. Les quantités achetées ont ainsi diminué face à la hausse du coût unitaire.
Une activité saisonnière et printanière
Le secteur est caractérisé par une saisonnalité très marquée, avec un pic d’activité au printemps, en particulier au mois de mai, du fait de différentes fêtes traditionnellement associées à l’achat de fleurs. Cette saisonnalité a des impacts concrets :
- un besoin élevé en trésorerie,
- une gestion spécifique des stocks,
- une organisation adaptée aux périodes de forte demande.
Des coûts élevés mais des marges préservées
Le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries se distingue par un taux de valeur ajoutée1 légèrement supérieur à celle d’autres commerces de détail non alimentaire, tels que les commerces de détail de biens culturels et de loisirs et des commerces de détail non alimentaires et hors carburant. Cela s’explique par un écart plus important entre les prix d’achat et de vente, lié aux transformations apportées aux produits (soins aux animaux, entretien des plantes, création de bouquets).
Cependant, ces activités prennent davantage de temps, ce qui entraîne des frais de personnel plus élevés et donc une moindre rentabilité. Ainsi, le taux de marge2 du secteur reste le plus faible parmi les commerces de détail.
Le taux de marge commerciale3 est néanmoins plus élevé que celui des commerces de détail de biens culturels et de loisirs et des commerces de détail non alimentaire et hors carburant, en raison d’une moindre concurrence en ligne.
Une rentabilité économique portée par les entreprises de moins de 10 salariés
La rentabilité économique4 du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries (9,4%) est similaire à celle du commerce de détail spécialisé (9,6%), et supérieure à celle des commerces de biens culturels et de loisirs (8,2%). La présence plus importante d’entreprises de moins de 10 salariés dans l’activité des fleuristes jardineries et animaleries explique cet écart car elles participent à un peu plus de la moitié de la valeur ajoutée et affichent une rentabilité soutenue (15,5%).
Par ailleurs, le secteur se caractérise par un niveau d’investissement plus important que le commerce de détail hors alimentaire et carburant. Le taux d’investissement5 des fleuristes, jardineries et animaleries est plus élevé en raison de l’achat d’équipements spécifiques (comme les serres ou les engins) et aux besoins de maîtriser le coût des ressources, notamment en eau et en énergie dans un contexte de contraintes climatiques (notamment en périodes de sécheresse) et d’inflation des coûts de l’énergie.
- Le taux de valeur ajoutée est le rapport de la valeur ajoutée au chiffre d’affaires. ↩︎
- Le taux de marge est le rapport de l’excédent brut d’exploitation (EBE) à la valeur ajoutée. L’EBE est le solde du compte d’exploitation, pour les unités de production. Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation. ↩︎
- Le taux de marge commerciale est le rapport entre la marge commerciale et la vente de marchandises. ↩︎
- La rentabilité économique mesure la rentabilité d’exploitation (activité) de l’entreprise indépendamment de son mode de financement. Elle se mesure en rapportant l’excédent brut d’exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du besoin en fonds de roulement. ↩︎
- Le taux d’investissement est le rapport des investissements corporels bruts hors apport à la valeur ajoutée. ↩︎
« L’activité des fleuristes, jardineries et animaleries stagne depuis 2023, après avoir été favorablement orientée pendant la crise sanitaire », INSEE FOCUS n°379, avril 2026
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Article rédigé par Mylène Reboul-Salze, Institut Supérieur des Métiers




