Le Baromètre France Num 2025 confirme une accélération nette de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les TPE-PME françaises, tout en mettant en évidence une fracture persistante entre les très petites entreprises et les PME, tant sur le niveau d’usage que sur la nature des pratiques :
- les TPE de moins de 10 salariés restent dans une logique d’usage individuel et opportuniste,
- les entreprises de 10 à 19 salariés amorcent une structuration,
- les PME transforment progressivement l’IA en outil de pilotage et de performance.
Le principal risque identifié n’est pas l’absence d’adoption, mais l’installation durable d’un écart de maturité entre les plus petites entreprises et les PME, si l’accompagnement n’est pas finement adapté à leurs réalités.
Une progression spectaculaire de l’IA
La part d’entreprises ayant un usage de l’IA double en un an : en 2025, 26 % des TPE-PME déclarent utiliser au moins un outil d’IA, contre 13 % en 2024.
La diffusion de l’IA varie fortement selon l’effectif : plus l’entreprise est grande, plus l’IA est diversifiée dans ses usages et intégrée à l’organisation du travail.
| Taille de l’entreprise | Part utilisant l’IA |
|---|---|
| 1 à 4 salariés | 23 % |
| 5 à 9 salariés | ≈ 25 % |
| 10 à 19 salariés | 31 % |
| 20 à 49 salariés | 35 % |
| 50 à 249 salariés | 42 % |
Dans les TPE de moins de 10 salariés, les usages de l’ IA sont encore très basiques et individuels
Dans les TPE de moins de 10 salariés, l’IA :
- est utilisée par environ 1 entreprise sur 4,
- reste centrée sur le dirigeant,
- s’inscrit dans une logique d’aide ponctuelle, non structurée.
Les usages dominants sont la génération de texte, de visuels ou d’images, les assistants conversationnels (recherche d’informations, reformulation), l’analyse ou la classification de documents simples.
Ces usages correspondent à des besoins immédiats de gain de temps, sans transformation profonde des processus. On constate peu de liens avec le cœur de métier des entreprises. Dans ces très petites structures, les usages d’IA pour l’analyse de données, l’optimisation des ressources ou le contrôle qualité restent marginaux.
L’IA est perçue comme un outil de confort plus que comme un levier stratégique.
Les entreprises de 10 à 19 salariés : une phase de transition
Les entreprises de 10 à 19 salariés occupent une position intermédiaire. Les usages sont plus développés :
- 31 % utilisent déjà des outils d’IA.
- Les usages restent majoritairement génériques, mais ils concernent davantage plusieurs collaborateurs et commencent à s’inscrire dans des fonctions support structurées.
Par rapport aux TPE de moins de 10 salariés, on observe davantage d’usages d’automatisation de tâches et une rticulation progressive avec les outils de gestion existants. Ces entreprises commencent à percevoir l’IA comme un outil d’organisation, pas uniquement comme un assistant individuel.
Les PME : des usages plus diversifiés et plus intégrés
Dans les PME de 20 salariés et plus, l’IA change clairement de statut. Les usages de l’IA sont plus fréquents et à visée plus stratégique :
- 35 % des PME de 20–49 salariés utilisent l’IA,
- 42 % des PME de 50–249 salariés.
L’IA est davantage partagée entre services, intégrée aux outils existants (gestion, données, relation client), et associée à des objectifs de performance.
Outre la génération de contenus, les PME utilisent davantage l’IA pour l’analyse et la prévision, l’optimisation des ressources, le contrôle qualité et l’automatisation de processus. On passe d’une logique d’outil à une logique de levier organisationnel.
Enseignements clés pour l’action publique et l’accompagnement
L’analyse comparée TPE / PME fait ressortir trois enjeux majeurs :
- Pour les TPE de moins de 10 salariés, le besoin d’accompagnement est très opérationnel et centré sur des cas d’usage simples, des gains immédiats et la sécurisation des pratiques.
- Pour les entreprises de 10 à 19 salariés, l’enjeu est de structurer les usages (éviter une adoption “au coup par coup”).
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