De l’intention à la création d’entreprise : un tiers des projets accompagnés par BGE aboutissent

« Qui sont les entrepreneur-e-s d’aujourd’hui ? », BGE – l’ObSoCo, Décembre 2025

L’enquête menée par BGE auprès des porteurs de projets accompagnés (355 000 personnes entre 2018 et 2024) vise à caractériser les parcours, qu’ils aient abouti (désignés comme « les créateurs ») ou non (« les non-créateurs »).

Méthodologie :

Cette étude correspond au second volet d’une enquête lancée en 2022. La seconde vague a été réalisée entre le 27 janvier et le 20 février 2025, à partir d’un questionnaire proche de celui de 2022, afin de permettre des comparaisons dans le temps.

L’enquête s’appuie sur 9 914 répondants, tous porteurs de projets accompagnés par BGE entre 2018 et 2024. Les données ont été redressées pour refléter au mieux la population des porteurs de projets suivis par BGE.

=> Des porteurs de projets plus précaires, mais fortement motivés par l’indépendance

Les publics accompagnés par BGE se distinguent nettement du profil moyen des créateurs d’entreprise. Ils sont plus souvent des femmes (55 % contre 43 % selon Infogreffe) et très majoritairement en situation de précarité ou de recherche d’emploi au moment de l’entrée dans l’accompagnement (78 %, contre 25,5 % dans la population générale selon l’Insee).

La motivation principale reste stable dans le temps : l’indépendance constitue le premier moteur de l’engagement entrepreneurial (67 %), devant la volonté d’éviter le salariat (21 %) ou de sortir d’une routine professionnelle (32 %). Ces résultats sont proches de ceux observés en 2022, malgré un contexte économique plus incertain. Le souhait d’indépendance est également caractéristique de la population générale des entrepreneurs.

Barres horizontales

Source : Enquête BGE auprès de 9914 répondants, trois réponses maximum.

L’étude met en évidence, parmi les « créateurs » comme les « non-créateurs« , sept profils distincts, 7 familles :

Les créateurs se différencient en fonction de leur niveau de préparation et leur perception du succès et sont regroupés en 5 familles : les « certains » (20% : « je réussis et je ne vais pas m’arrêter »), les « optimistes » (40% : « c’est compliqué mais je continue d’y croire »), les « incertains » (35% : je ne men sors pas trop mal mais je ne suis pas confiant pour autant ») et les « déçus » (5% : « finalement, la création ce n’est peut-être pas mon histoire »)

Parmi les non-créateurs, plus de la moitié relève de profils durablement éloignés du passage à l’acte (« non merci », 53% : « mon choix est fait et ce ne sera pas la création d’entreprise »), tandis que d’autres restent à un stade intermédiaire (47% : créer ou ne pas créer, telle est la question… »).

Globalement et quelle que soit l’issue du projet, l’accompagnement de BGE joue un rôle d’insertion professionnelle : la part de personnes au chômage passe de 74 % avant l’entrée chez BGE à 27 % après. Le taux d’activité est donc multiplié par trois.

=> 1 porteur de projet sur 3 crée son entreprise après l’accompagnement

À l’issue de l’accompagnement, 34 % des personnes ont effectivement créé leur entreprise, un taux stable par rapport à 2022 (32%), tandis que 28 % ont abandonné leur projet et 38 % le conservent sans passage à l’acte immédiat. La concrétisation progresse avec l’âge, le niveau de diplôme et le niveau de revenu : elle concerne 18 % des 18–24 ans, 37 % des 35–44 ans et 33 % des plus de 55 ans ; elle atteint 44 % chez les diplômés bac+4/5 contre 25 % chez les titulaires d’un CAP-BEP, et 50 % pour les revenus élevés contre 20 % pour les revenus plus faibles.

34 % des femmes et 33 % des hommes ont créé leur entreprise, contre 33 % et 25 % respectivement en 2022, traduisant une hausse pour les hommes et une stabilité pour les femmes.

Les porteurs de projet disposent en moyenne de 10 ans d’expérience avant de se lancer. La part de porteurs ayant atteint le chiffre d’affaires visé augmente avec l’expérience dans le secteur : 39 % pour 1 à 2 ans d’expérience, contre 55 % pour plus de 20 ans.

Les entreprises créées sont majoritairement de petite taille, le plus souvent constituées en entreprise individuelle (78 %). Leur activité repose principalement sur une clientèle locale ou régionale, avec une orientation majoritairement BtoC (60 %), contre 40 % en BtoB.

L’accompagnement par BGE facilite l’accès au financement : 83% de ceux qui recherchent un financement l’obtiennent au moins en partie, 56% accèdent au financement bancaire, pour un prêt bancaire moyen de 60000 euros.

Le chiffre d’affaires moyen annuel s’établit autour de 60 000 euros, avec de fortes disparités sectorielles : au-delà de 100 000 € dans le BTP, le transport ou le commerce, et moins de 40 000 € dans le bien-être ou l’agriculture.

23 % des entreprises ont embauché au moins un salarié, et 10 % envisagent de recruter en 2025. Les intentions d’embauche pour 2025 varient selon les secteurs d’activité : 32 % dans l’assurance et la finance, 31 % dans les activités liées à la transition écologique, 25 % dans les transports et la logistique et 20 % dans l’immobilier.

Au-delà de la création d’emploi, le développement de l’entreprise peut s’opérer par des coopérations, de la sous-traitance ou des externalisations : c’est le cas pour 40% des entreprises.

Graphique – Répartition par secteur

Source : Enquête BGE auprès de 6330 répondants

=> Principaux obstacles rencontrés après la création

Selon l’enquête de BGE, 62% des créateurs accompagnés estiment que « faire perdurer l’activité de l’entreprise » est complexe dont 17% « très complexe ». La principale difficulté rencontrée est d’attirer et de fidéliser des clients (34 %). 21% citent la conjoncture défavorable (21 %), 18% des contraintes administratives et réglementaires.

Les résultats confirment l’importance de l’expérience dans le secteur pour la réussite entrepreneuriale. Ainsi, les créateurs ayant plus de 10 ans d’expérience dans le secteur sont plus nombreux à atteindre leur objectif de chiffre d’affaires (50%, soit 10 points de plus que les autres).

La santé des entrepreneurs apparaît également comme un enjeu central de pérennité : si 65 % déclarent ne rencontrer aucun problème, 22 % signalent des difficultés physiques et 19 % des difficultés psychologiques. Moins un entrepreneur a de l’expérience dans son secteur, plus il est confronté à des difficultés psychologiques.

Pour en savoir davantage : Qui sont les entrepreneur·e·s d’aujourd’hui ? – volet 2

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