Intelligence artificielle : un levier de gain de temps et de productivité pour les entreprises artisanales

Deux ans seulement après la mise à disposition des premiers outils d’intelligence artificielle générative, leurs effets commencent déjà à être mesurables dans l’artisanat. Cette étude économique conduite pour le FAFCEA par le cabinet ASTERES met en évidence un impact concret de l’IA sur l’organisation du travail des chefs d’entreprise artisanale, avec des gains de temps significatifs, concentrés sur les tâches de gestion.

Méthodologie – L’étude combine :

  • une enquête de terrain auprès de plus de 1 200 chefs d’entreprise artisanale,
  • et un modèle économique permettant d’extrapoler les gains de temps observés à l’échelle de l’ensemble du secteur.

Le périmètre couvre les trois grandes familles d’activité de l’artisanat – alimentation, bâtiment, fabrication et services – et se concentre volontairement sur les tâches de gestion, identifiées comme les plus exposées à l’IA générative : devis, facturation, trésorerie, relation client, plannings, communication, achats et gestion juridique.

Un constat clé : l’IA est déjà utilisée par plus d’un quart des artisans

Premier enseignement majeur : l’IA n’est plus marginale dans l’artisanat.

  • 27 % des chefs d’entreprise artisanale déclarent utiliser des outils d’IA dans leur travail.
  • Parmi eux, 15 % y ont recours de façon régulière (quotidienne ou hebdomadaire).
  • L’adoption est plus avancée dans l’artisanat de fabrication et de services (30 % d’utilisateurs), devant l’alimentation (25 %) et le bâtiment (16 %).

Cette diffusion témoigne d’une appropriation relativement rapide, malgré l’absence, dans la plupart des cas, de stratégie numérique structurée.

Les tâches de gestion : principal terrain d’impact de l’IA

L’étude rappelle que les chefs d’entreprise artisanale travaillent en moyenne 46 heures par semaine, dont 10 heures consacrées à la gestion, soit 22 % de leur temps de travail total. Trois tâches concentrent à elles seules plus de la moitié de ce temps de gestion :

  • la relation client (20 %),
  • les achats et la gestion des stocks (16 %),
  • la création et la mise à jour de supports de communication (15 %).

Ce sont précisément dans ces activités que les outils de l’IA peuvent apporter des gains d’efficacité.

Des gains de temps déjà mesurables pour les utilisateurs

Chez les chefs d’entreprise qui utilisent l’IA, les effets sont positifs pour 85% d’entre eux, que ce soit en gain de temps ou de qualité du travail réalisé.

En moyenne, l’IA permet de réduire de 32 % le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche, avec des usages particulièrement intensifs sur :

  • la création de supports de communication (81 % des utilisateurs, –32 % de temps),
  • la relation client (–32 %),
  • certains usages plus ponctuels mais très efficaces comme la gestion de trésorerie ou les plannings, où les gains de temps peuvent dépasser 40 %.

Résultat global : les chefs d’entreprise artisanale utilisateurs d’IA gagnent 2 heures par semaine.

Un potentiel de productivité encore largement sous-exploité

À partir des usages observés, l’étude propose trois scénarios prospectifs de diffusion de l’IA :

  • Scénario conservateur : diffusion limitée aux usages actuels : +4 % de productivité, soit 1,7 heure gagnée par semaine.
  • Scénario intermédiaire : généralisation des usages existants sur l’ensemble des tâches de gestion :+7 % de productivité, soit 3,2 heures par semaine.
  • cénario optimiste : intégration des usages créatifs et transversaux (idées, visuels, contenus) : +9 % de productivité, soit 4,3 heures par semaine.

Ces gains peuvent être mobilisés de différentes manières : réduction du temps de travail, augmentation de l’activité, amélioration de la relation client ou encore montée en qualité des prestations.

A défaut d’être une technologie de rupture dans les métiers, l’IA apparaît donc bien un outil d’optimisation du rôle de chef d’entreprise, susceptible de redonner du temps à des dirigeants souvent très contraints par les tâches administratives.

A lire sur le site du FAFCEA.