La RSE dans l’artisanat : une notion méconnue, mais des pratiques déjà présentes

Lu pour vous : FAFCEA/SAULEA, « Etude sur l’importance de la RSE dans l’artisanat », FAFCEA, décembre 2025

Peu de travaux sont publiés sur la mise en pratique de la RSE au sein de l’artisanat. Cette enquête du FAFCEA menée auprès d’un échantillon de 1714 artisans permet d’évaluer cette implication et de repérer des bonnes pratiques. Les résultats montrent que les démarches volontaristes restent limitées et peu formalisées. Cependant, les pratiques existent et témoignent du potentiel encore largement sous-exploité de ces entreprises à contribuer à la transition écologique et sociale.

L’entreprise artisanale : un modèle économique naturellement compatible avec les enjeux de développement durable

L’artisanat, par son modèle économique et son ancrage local, contribue naturellement au développement durable : production à la demande, prestations de maintenance et de réparation intégrées, fonctionnement en circuit court, interactions avec les clients sont des caractéristiques structurelles du fonctionnement de nombreuses activités artisanales.

Par ailleurs, l’inflation des prix de l’énergie et des matières premières, l’impact des aléas climatiques, l’intégration progressive de critères environnementaux dans les marchés publics sont autant de facteurs qui vont amener les artisans à s’interroger sur l’intérêt d’une démarche RSE plus structurée.

La RSE reste pourtant une notion encore méconnue des artisans

Seuls 22 % des artisans déclarent bien savoir ce que la notion de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) recouvre, tandis que près de 40 % n’en ont jamais entendu parler. Cette méconnaissance est plus marquée dans les entreprises sans salarié.

Globalement, 6% des entreprises déclarent avoir une politique RSE structurée. L’implication croît avec l’effectif des entreprises.

Pour autant, cette faible appropriation du terme et de la démarche ne signifient pas une absence d’actions favorables au développement durable. Près d’un tiers des artisans interrogés déclarent avoir déjà mis en place des initiatives relevant de la RSE, notamment sur le volet environnemental, et plus particulièrement dans l’artisanat du BTP et de l’alimentation. Mais il s’agit plus de pratiques concrètes, intégrées au fonctionnement quotidien des entreprises artisanales, que d’une démarche volontariste.

Des actions RSE principalement environnementales

Les pratiques RSE des artisans se concentrent prioritairement sur le volet environnemental. Les actions les plus répandues concernent la réduction et le tri des déchets, la baisse des consommations d’énergie et d’eau, la lutte contre le gaspillage et le fonctionnement en circuit court. Ces pratiques sont plus développées dans le secteur alimentaire, bien qu’elles concernent l’ensemble des filières.

Les entreprises sont moins investies dans volet social, en raison de leur taille : seules un tiers emploient des salariés. Lorsqu’ils emploient des salariés, les pratiques les plus fréquentes portent sur la flexibilité du temps de travail, le mise en place de formations, l’accueil d’apprentis ou le soutien à des initiatives locale. Les bonnes pratiques identifiées montrent une attention croissante portée à la qualité de vie au travail, à la transmission des savoir-faire et à la cohésion des équipes.

Un engagement avant tout porté par les convictions personnelles des chefs d’entreprise

La motivation première des artisans engagés dans une démarche RSE reste largement personnelle et éthique. Plus de 60 % déclarent agir avant tout par conviction. Les obligations réglementaires, la réduction des coûts ou la recherche de nouveaux marchés arrivent loin derrière.

L’étude met en évidence les retombées économiques positives de cette démarche, même si elles ne sont pas l’objectif initial : meilleure anticipation des évolutions réglementaires, économies à moyen ou long terme, fidélisation des salariés et des clients, amélioration de l’image de l’entreprise et, dans certains cas, accès à des aides ou subventions.

Elle relève également des bonnes pratiques dans chacune des familles d’activité de l’artisanat.

Rédacteur : Catherine ELIE, Institut Supérieur des Métiers

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