Le regard mitigé des Français sur le dynamisme économique des banlieues françaises

L’étude de la Fédération Bancaire Française menée par l’IFOP auprès de la population pose un diagnostic économique nuancé sur les banlieues françaises. Si elles sont largement perçues comme en difficulté et insuffisamment soutenues par l’action publique, la population reconnaît des atouts et un potentiel économique réel à ces territoires. Les chiffres soulignent une attente forte, sans consensus toutefois sur les leviers économiques à activer prioritairement

L’étude repose sur une enquête quantitative menée par l’Ifop auprès de deux échantillons distincts.
*Un échantillon principal de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, a été constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
*Un sur-échantillon spécifique de 300 personnes résidant en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) a été interrogé, auquel se sont ajoutées 176 personnes issues de l’échantillon principal, portant l’échantillon QPV à 476 répondants. Le recueil des données a été réalisé par questionnaire auto-administré en ligne, entre le 19 et le 23 septembre 2025. Les résultats sont assortis des marges d’erreur statistiques usuelles (environ ±3 points pour un échantillon de 1 000 personnes). L’étude permet également des comparaisons avec une vague antérieure conduite en juillet 2024.


=> Une perception économique encore souvent défavorable des banlieues

Les banlieues apparaissent comme des territoires particulièrement exposés aux difficultés économiques.
Parmi le grand public, 45% ont cité les banlieues ou les Quartiers prioritaires de la ville comme les territoires les plus en difficulté face aux crises économiques, devant les territoires ruraux (44 %) ou les territoires d’outre-mer (33 %). Cette perception est encore plus marquée au sein des QPV (58 % des répondants).

Sur le plan des opportunités économiques, la moitié de la population a une image négative des banlieues :

  • 47 % des Français estiment que les banlieues bénéficient de moins bonnes opportunités économiques (emploi, création d’entreprise) que les autres territoires ; cette proportion atteint 53 % chez les habitants de QPV ;
  • pour 74% du grand public, le chômage est la principale caractéristique attachée à l’image de ces territoires.

Ces résultats traduisent une représentation mitigée des banlieues sur le plan économique. Il en va de même des perspectives d’avenir : 47 % des Français déclarent avoir confiance dans la capacité des banlieues à devenir des territoires économiquement dynamiques dans les années à venir (49 % parmi les habitants de QPV).

Ces résultats traduisent un équilibre entre les postures sceptiques et positives au sein de la population.

=> Un sentiment d’insuffisance de l’action publique économique

Une courte majorité de Français considère également que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour soutenir l’économie des banlieues.

  • 54 % du grand public partagent ce sentiment, soit une hausse de 6 points par rapport à 2024 ;
  • cette opinion est encore plus marquée chez les habitants de QPV (63 %).

Sur une perspective de long terme, 64 % des Français estiment que, depuis vingt ans, les gouvernements successifs n’ont pas suffisamment soutenu l’économie des banlieues. Ce jugement atteint 72 % parmi les habitants des quartiers prioritaires, soulignant un décalage durable entre les politiques publiques et les attentes économiques locales.

=> Des atouts économiques identifiés

Au total, 55 % des répondants mentionnent au moins un atout lié à la « ressource humaine » et 52 % au moins un atout de nature géographique, révélant un potentiel économique souvent perçu, quoique insuffisamment valorisé.

  • 34 % des Français citent la proximité avec les grands centres urbains ;
  • 25 % évoquent la disponibilité de terrains pour accueillir des entreprises ;
  • 31 % mettent en avant la diversité culturelle et sociale, et 20 % les talents de toutes générations.

=> Pas de véritable consensus sur les leviers économiques

Les principaux leviers cités supplémentaires cités par la population pour déployer le dynamisme économique des banlieues portent également sur l’amélioration des infrastructures et le développement des compétences de la population.

  • 31 % des Français citent le développement de programmes de formation adaptés pour les entrepreneurs et les demandeurs d’emploi ;
  • 29 % évoquent l’amélioration des infrastructures de transport ;
  • 28 % le développement d’infrastructures économiques (zones d’activités, centres d’affaires) ;
  • 25 % des incitations fiscales à l’implantation d’entreprises.

Aucun levier n’emporte néanmoins l’adhésion, que ce soit auprès de la population générale ou des habitants des banlieues (ces derniers sont cependant un peu plus nombreux à suggérer plus d’aides et suvbentions aux entreprises : levier cité par 29% au lieu de 21% parmi la population générale).

L’augmentation du nombre d’entreprises implantées en banlieues est également perçue comme un levier économique majeur pour ces territoires, en premier lieu pour la création d’emplois (cité par 55% de la population). Par ailleurs, près de 6 Français sur 10 (59 %) se déclarent prêts à acheter des produits ou services labellisés « Made in banlieue », signalant un potentiel économique en matière de consommation et de valorisation de la production locale.

En savoir plus : FFB/IFOP - Le regard des Français sur le dynamisme économique des banlieues françaises (Vague 2) Octobre 2025 - En signe sur le site de la FFB https://www.fbf.fr/fr/le-regard-des-francais-sur-le-dynamisme-economique-des-banlieues-enquete-vague-2-fbf-ifop-et-quartiers-daffaires-2025/

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