Institut pour les Savoir‑Faire Français & IPSOS/BVA :

Méthodologie – Enquête nationale menée du 23 juin au 1er août 2025 :

  • Qualitative : collégiens, lycéens, jeunes adultes, parents, conseillers d’orientation et professionnels des métiers d’art, selon localisation, catégorie socioprofessionnelle et genre.
  • Quantitative : 5 000 personnes interrogées par internet via le panel Ipsos, redressées selon âge, sexe, département et activité
OpinionWay & SciencesPo CEVIPOF :

Méthodologie – Enquête nationale menée du 12 au 28 janvier 2026 auprès de 3 150 personnes inscrites sur les listes électorales. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas.

L’artisanat et les métiers d’art bénéficient d’une perception globalement positive. Ainsi, 84 % des répondants déclarent faire confiance aux artisans (OpinionWay), et 92 % indiquent avoir une bonne image de l’artisanat (Savoir-Faire Français). Cette image favorable se traduit par un intérêt pour l’activité entrepreneuriale : 32 % des personnes interrogées se disent intéressées par l’ouverture d’une entreprise artisanale, contre 38 % pour la création d’entreprise en général, soit un écart limité. Parmi les actifs diplômés d’un niveau bac+2 ou supérieur (33 % de l’échantillon), 18 % envisagent une reconversion professionnelle vers une activité artisanale ou manuelle.

=> Une image positive mais largement idéalisée

L’étude montre que 97 % des répondants déclarent avoir une bonne image des métiers d’art et des savoir‑faire d’exception. Cette image est fortement associée au patrimoine national (95 % des personnes interrogées) et au luxe (69 %). Les valeurs les plus souvent citées sont l’exigence , la création, la transmission et l’authenticité.

74% des répondants considèrent que ce sont des métiers d’avenir.

Pourtant, seuls 35 % des Français estiment bien connaître ces métiers. L’offre de formation à ces métiers est également méconnue des Français : près de deux tiers
d’entre eux ne savent pas si des formations existent près de chez eux (65%) et une large majorité déclare ne pas connaître les savoir‑faire présents dans leur région (42 %).
Enfin, 71 % estiment que ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés dans la société et les médias.

Les contours du secteur restent flous : quand on demande quel terme convient le mieux à la définition des métiers d’art et savoir-faire d’exception, les réponses sont partagées : 31 % disent « Savoir-faire d’exception », 31 % « Artisanat d’art », 21 % « Métiers d’art », 16 % « Métiers d’excellence ».

=> Des représentations sociales qui freinent l’orientation

La perception des métiers d’art et des savoir-faire d’exception varie selon l’âge. La part de personnes déclarant avoir une très bonne image est plus faible chez les 18-25 ans, puis augmente progressivement avec l’âge pour atteindre son niveau le plus élevé chez les 70 ans et plus. Cette évolution traduit des différences générationnelles dans l’intensité de l’image positive associée à ces métiers.

Dans ce contexte, l’étude montre que certaines perceptions peuvent influencer l’orientation vers les métiers d’art. Plus de la moitié des répondants estiment qu’un niveau d’études élevé est nécessaire pour exercer ces métiers, et 53 % les considèrent comme réservés à une élite. Ces représentations sont particulièrement présentes chez les jeunes : parmi les 14-15 ans non intéressés, 63 % déclarent ne pas être suffisamment informés pour se projeter dans ce type de parcours. Dans le même temps, près de 48 % des moins de 26 ans se déclarent toutefois intéressés par les métiers d’art.

Les seniors associent davantage ces métiers au prestige (93 %), à la reconnaissance internationale (84 %) et au caractère de métiers d’avenir (80 %). À l’inverse, les jeunes mettent plus souvent en avant la créativité, la passion et le sens du travail. Ils expriment des réserves plus marquées sur certains aspects : : 61 % des jeunes de 16-17 ans estiment que les conditions de travail sont satisfaisantes (contre 78 % chez les personnes de 60 ans et plus), 51 % pensent que ces métiers offrent un bon niveau de revenu (contre 64 %), et 43 % jugent que ces professions facilitent l’accès à l’emploi (contre 66 %). Enfin, une partie des répondants associe ces métiers à des contraintes perçues : 74 % les jugent physiquement difficiles et 51 % les considèrent comme précaires.

Ces différences se retrouvent aussi dans la manière de découvrir ces métiers. Les jeunes citent principalement Internet (39 % des moins de 35 ans), les réseaux sociaux (33 %), l’école (32 % des moins de 26 ans) et l’entourage. Les seniors mentionnent plus souvent la télévision (51 % des 60 ans et plus) et les visites culturelles (65 %).

Chez les 18-25 ans, la perception de métiers nécessitant un talent particulier (48 %) et le manque de connaissance des métiers constituent les principales raisons expliquant le manque d’intérêt pour les métiers d’art et les savoir-faire d’exception.

Les personnes qui connaissent bien ces métiers les jugent plus positifs sur plusieurs aspects : elles considèrent qu’il s’agit de métiers d’avenir (83 % contre 70 % pour ceux qui les connaissent mal), de métiers innovants (83 % contre 73 %), qu’ils offrent de belles perspectives d’évolution professionnelle (78 % contre 67 %), de bonnes conditions de travail (76 % contre 67 %) et permettent de trouver facilement des débouchés (68 % contre 51 %).

=> Des leviers pour renforcer l’attractivité

L’étude identifie plusieurs axes d’action prioritaires :

Faire connaître concrètement les métiers
  • montrer la réalité du travail, des parcours, des débouchés et des conditions d’exercice (notamment la question des revenus),
  • lutter contre l’idée d’inaccessibilité par des exemples concrets de trajectoires
Miser sur l’information de proximité
  • valoriser l’ancrage territorial des savoir-faire,
  • renforcer le lien entre territoires, formations et orientation.
Agir tôt et avec les prescripteurs
  • intégrer les métiers d’art dans les programmes d’orientation dès le collège,
  • développer stages, immersions et dispositifs de mobilité (internats, aides régionales).

Pour en savoir davantage : 

Retrouver d’autres articles sur le blog « Articles et analyses sur l’entrepreneuriat »

Consulter d’autres données : Baromètre ISM/MAAF 2024 – Chiffres clés sur les métiers d’art et de création

Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers