« Le Commerce dans les villes françaises à la veille des élections municipales 2026 » FACT/CODATA/SAD, Décembre 2025
L’analyse de cette étude de la Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires repose sur deux axes complémentaires :
- l’évolution de l’emploi dans le commerce et la restauration, à partir des données Urssaf ;
- la vacance commerciale en centres-villes, mesurée à partir d’un recensement de 155 000 emplacements commerciaux situés dans les centres-villes de 355 communes françaises.
Le taux de vacance est défini comme le rapport entre le nombre de locaux vides et le nombre total d’emplacements commerciaux en pied d’immeuble.
=> Une forte progression de l’emploi salarié dans la boulangerie et la restauration depuis 2006
En 2024, le commerce et la restauration emploient près de 3 millions de salariés, soit 15 % de l’emploi privé. Entre 2006 et 2024, 606 000 emplois ont été créés, soit une hausse de 26 %, contre 13 % pour l’ensemble de l’emploi privé, alors que la population n’a augmenté que de 6 %.
La création d’emplois touche presque tous les départements, sauf l’Indre, la Creuse, la Nièvre, le Territoire de Belfort et la Haute-Marne. La croissance est particulièrement forte dans les zones littorales et le Sud (+20 % à +55 %) qui sont aussi les régions où la croissance démographique est la plus forte. Dans les grandes villes, la hausse est également élevée : +38 % pour les villes de 200 000 à 500 000 habitants, +31 % à Paris. Même les petites communes (<15 000 habitants) connaissent une progression de +29 %.
Dans le même temps, le nombre d’établissements du commerce et de la restauration a progressé de 12 % entre 2006 et 2024, pour atteindre environ 433 000 établissements. Le chiffre d’affaires du commerce et de la restauration a progressé quant à lui de 63 % depuis 2006.
Cette bonne dynamique ne concerne pas toutefois tous les commerces : entre 2019 et 2024, la création d’emplois est polarisée dans certaines activités. La restauration rapide se distingue avec la création de 66 124 emplois, suivie par la restauration traditionnelle (+32 041) et la boulangerie (+30 647). À l’inverse, plusieurs secteurs enregistrent une baisse de l’emploi sur la période, en particulier l’habillement (-17 459), les commerces de chaussures (-5 359) et les hypermarchés (-5 359).
6 660 emplois ont été créés dans le e-commerce entre 2019 et 2024. L’emploi salarié dans le e-commerce représente 11 % de l’emploi du commerce en 2024, contre 1 % en 2006.
Après la crise sanitaire, la dynamique de l’emploi devient plus irrégulière. La restauration enregistre une baisse en 2020, suivie d’une forte reprise en 2021. À partir de 2023, la création d’emplois ralentit, avec une baisse de 4 197 emplois, puis une quasi-stagnation en 2024 (+578 emplois)

Source : URSSAF – traitement SAD Marketing
=> La vacance commerciale est en hausse et concerne 11% du parc de magasins en 2024

En 2024, le taux de vacance atteint 11 % en moyenne en France, contre 6,8 % en 2014. En Île-de-France, il s’élève à 7,9 % en 2024, contre 3,8 % dix ans plus tôt. La hausse de la vacance a été plus marquée entre 2014 et 2019, avec une augmentation moyenne de 2,7 points, puis plus modérée entre 2019 et 2024 (+1,5 point).
Le taux de vacance est plus élevé dans les villes de 50 000 à 100 000 habitants (13,8 %) que dans les villes de plus de 100 000 habitants (8,7 %). Sur la période 2019-2024, 37 % des 355 villes étudiées ont toutefois réduit leur taux de vacance. Cette part atteint 48 % pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants.
L’étude montre que :
- L’évolution de la population n’a pas de lien avec la vacance commerciale.
- Les villes à fort potentiel touristique n’ont pas mieux évolué que les autres.
- La présence d’enseignes nationales ou internationales (30 % des locaux occupés) n’a pas d’impact sur l’évolution du taux de vacance.
En savoir plus : FACT/CODATA/SAD – « Le Commerce dans les villes françaises à la veille des élections municipales 2026 », Décembre 2025. En ligne sur le site de La Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires
Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers