Perception et usage de l’intelligence artificielle dans les entreprises du BTP

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« ÉTUDE SUR LA PERCEPTION ET L’INTÉGRATION DES OUTILS D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS LES ENTREPRISES DU BTP », Observatoire des métiers du BTP, février 2026.

L’étude repose sur une enquête quantitative menée auprès de 621 répondants issus du secteur du BTP. L’échantillon est composé majoritairement de très petites entreprises, avec 67 % de structures de 0 à 9 salariés, 28 % d’entreprises de 10 à 49 salariés et 5 % de structures de plus de 50 salariés. Des entretiens qualitatifs ont également été réalisés

Une connaissance et des usages de l’IA encore limités

La familiarité avec l’intelligence artificielle progresse avec la taille des entreprises. Parmi les structures de 0 à 9 salariés, 31 % des dirigeants déclarent savoir ce que recouvre l’IA. Cette proportion atteint 36 % dans les entreprises de 10 à 49 salariés et 53 % dans celles de plus de 50 salariés.

L’usage concret reste toutefois marginal. Moins de 10 % des entreprises interrogées déclarent utiliser aujourd’hui des outils d’IA. Dans les très petites entreprises, l’usage actuel ne concerne que 7 % des structures. Des perspectives d’adoption apparaissent néanmoins : 36 % des entreprises se disent intéressées pour un usage dans les années à venir.

26 % des répondants indiquent avoir déjà utilisé un outil d’IA grand public, comme ChatGPT, Copilot ou Gemini, que ce soit dans un cadre privé ou professionnel, tandis que 44 % déclarent ne jamais y avoir eu recours.

Des usages principalement administratifs et organisationnels

Les entretiens qualitatifs montrent que, même lorsque l’IA est utilisée, son appropriation reste limitée. L’usage le plus fréquent consiste à mobiliser l’IA générative comme un « dictaphone amélioré », permettant de corriger des messages, rédiger des SMS ou produire des rapports.

Quatre grands domaines d’application émergent. Le premier concerne l’assistance aux tâches bureautiques et administratives. Le deuxième porte sur la synthèse documentaire et l’aide à la rédaction. Le troisième concerne l’optimisation de la planification des chantiers et la gestion de projet. Enfin, l’IA est envisagée comme un outil d’appui à la gestion des risques. Malgré ces perspectives, de nombreux dirigeants estiment encore qu’il est prématuré d’investir, même s’ils reconnaissent le potentiel important de ces technologies.

Une perception plutôt positive mais des freins persistants

Parmi les dirigeants qui utilisent l’IA ou qui prévoient de le faire à court terme, 62 % estiment que l’IA est plutôt facile à utiliser. Lorsque des difficultés sont évoquées, elles tiennent d’abord au manque de compétences des utilisateurs, cité par 36 % des répondants, puis au manque de temps, mentionné par 22 %. En comparaison, la collecte et la gestion des données ainsi que le coût financier apparaissent comme des obstacles plus secondaires, autour de 12 %.

Parmi les répondants qui n’utilisent pas l’IA et ne prévoient pas de le faire, 31 % estiment qu’ils n’en voient pas l’utilité, tandis que 22 % signalent un manque de compétences. Les difficultés financières concernent 16 % d’entre eux, les inquiétudes liées aux risques 15 %, et 11 % regrettent l’absence de soutien ou d’accompagnement.

« ÉTUDE SUR LA PERCEPTION ET L’INTÉGRATION DES OUTILS D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS LES ENTREPRISES DU BTP », Observatoire des métiers du BTP, février 2026.

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Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers