Trajectoires de reprise d’études et de réorientation des jeunes

LU POUR VOUS : Changer de voie, compléter son parcours : quand les jeunes retournent aux études, Cereq, Mai 2026

Cette étude menée par le CEREQ analyse le profil des jeunes qui obtiennent un nouveau diplôme ou un titre professionnel dans les premières années après leur sortie de formation initiale. Elle s’appuie sur les données des enquêtes Génération 2017 (25 200 répondants). Le champ de l’enquête comprend l’ensemble des jeunes qui sortent pour la première fois du système éducatif. Certains sont exclus : ceux qui ont interrompu leurs études avant 2016-2017 pendant au moins 17 mois, ainsi que ceux qui ont repris une formation initiale dans les 16 mois suivant leur entrée sur le marché du travail.

=> Les profils des jeunes concernés par une reprise d’études

Parmi les jeunes ayant quitté la formation initiale en 2017, 22 % obtiennent, dans les six années qui suivent, un nouveau diplôme ou une certification professionnelle. Cela correspond à 6 % qui décrochent un titre professionnel et 16 % qui acquièrent un diplôme supplémentaire.

Ces retours en formation répondent à des logiques différentes : combler un échec passé, chercher à évoluer dans son emploi ou changer totalement de direction professionnelle. Les résultats montrent toutefois que les bénéfices ne sont pas les mêmes selon les parcours.

L’obtention de ces nouveaux diplômes passe par différents types de formation. 28 % des jeunes suivent une formation en alternance, 63 % une formation hors alternance, et 9 % n’ont pas suivi de formation classique, leur diplôme étant obtenu par validation des acquis de l’expérience.

Deux tiers des diplômes supplémentaires sont obtenus durant les 5e et 6e années suivant l’obtention d’un diplôme.

Ceux qui obtiennent le plus souvent un nouveau diplôme sont d’abord ceux qui ont quitté l’enseignement supérieur sans diplôme, avec 26 % des reprises d’étude. Viennent ensuite les diplômés de licences générales littéraires (24 %), puis les jeunes sortant d’un baccalauréat général ou technologique (23 %), et enfin ceux sortis sans diplôme du secondaire (19 %). De manière générale, les jeunes issus de spécialités tertiaires ou littéraires reprennent plus souvent une formation que ceux issus de spécialités industrielles ou scientifiques.

Le contexte familial joue également un rôle. Les jeunes dont au moins un parent est cadre sont plus nombreux à reprendre leurs études. De même que les femmes et les personnes vivant seules ou en colocation sans enfant, sont plus concernées par les reprises d’études.

Le nouveau diplôme permet dans plus de la moitié des cas (57 %) d’augmenter le niveau de qualification atteint à la sortie des études initiales. Dans 25 % des cas, il correspond à un niveau équivalent, et dans 18 % des cas il est de niveau inférieur.

=> Plus de la moitié des jeunes en reprise de formation opèrent une réorientation

En ce qui concerne le lien avec le parcours initial, seulement 40 % des jeunes estiment que leur nouveau diplôme relève du même domaine que leur formation précédente. 21 % parlent d’une réorientation partielle, et 39 % d’un changement total de domaine. Les jeunes non diplômés du supérieur sont ceux qui déclarent le plus souvent une réorientation partielle (26 %) ou totale (52 %).

La comparaison entre la situation professionnelle avant et après l’obtention du diplôme montre des parcours variés : seuls 14 % des jeunes restent dans le même emploi, 32 % changent d’emploi, 25 % accèdent à un emploi alors qu’ils n’en avaient pas, 11 % passent de l’emploi au non-emploi (recherche d’emploi, formation ou autre situation), et 18 % restent durablement hors emploi.

=> La majorité des jeunes étaient en emploi avant la reprise de formation

La situation des jeunes avant la reprise de formation est également importante. À profil égal, ceux qui ont passé leurs six premiers mois de vie active hors emploi, hors recherche d’emploi ou hors formation (inactivité, service civique, création d’entreprise, etc.) sont les plus susceptibles d’obtenir un nouveau diplôme. Ils sont suivis par ceux qui étaient majoritairement en emploi.

Parmi les jeunes qui entrent en formation pour obtenir ce nouveau diplôme, 55 % étaient en emploi trois mois auparavant, dont 62 % en emploi à durée déterminée. 25 % étaient en recherche d’emploi, 8 % déjà en formation et 12 % dans une autre situation, notamment d’inactivité.

LU POUR VOUS : Changer de voie, compléter son parcours : quand les jeunes retournent aux études, Cereq, Mai 2026

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Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers