Conjoncture du 1er trimestre 2026 : une activité toujours dégradée et des perspectives pessimistes en raison du contexte international

Lu pour vous

  • Baromètre des entreprises de proximité Xerfi/U2P : 7 675 entreprises interrogées chaque trimestre, réparties en 9 secteurs (artisanat du BTP, artisanat de l’alimentation, commerce de l’alimentation, hôtellerie-restauration, artisanat des services, artisanat de fabrication, professions libérales du droit, professions libérales de santé, professions libérales techniques et du cadre de vie) et 4 grandes familles professionnelles. Les évolutions sont exprimées en valeur puis corrigées par des déflateurs pour mesurer l’activité en volume.
  • Baromètre FIDUCIAL/Ifop : l’enquête repose sur 1 001 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés, interrogés par téléphone du 3 au 17 avril 2026. Il exclut les entreprises réalisant moins de 50 000 € de chiffre d’affaires annuel mais inclut les auto-entrepreneurs.
  • Enquête OpinionWay/CCI France-La Tribune-LCI – 1 006 dirigeants d’entreprises d’au moins 1 salarié ont été interrogés par téléphone, du 13 au 20 avril 2026. Elle ne couvre donc pas les TPE sans salarié.

Les trois enquêtes convergent sur le diagnostic économique du 1er trimestre 2026 : la conjoncture des TPE au printemps 2026 reste dégradée. Xerfi/U2P montre une activité toujours orientée à la baisse (-1% en tendance annuelle) ; FIDUCIAL révèle une forte tension financière et un pessimisme parmi les dirigeants ; OpinionWay confirme une défiance macroéconomique persistante chez les entreprises employeuses. Le clivage principal oppose les TPE sans salarié, plus fragiles en activité et trésorerie, aux TPE avec salariés, qui résistent un peu mieux mais restent confrontées aux charges, à l’inflation, à l’énergie et aux obligations administratives.

Selon le Baromètre des entreprises de proximité Xerfi/U2P , l’activité des entreprises de proximité est stable au 1er trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent (-0,2 % en volume), mais reste orientée à la baisse sur un an (-1%), une dégradation en cours depuis 2023. En valeur, le chiffre d’affaires progresse de +0,5 %, essentiellement grâce à l’inflation.

Les écarts sectoriels sont nets : seules les professions libérales opèrent un bon démarrage de l’année avec un CA en hausse de 0,7% en volume et en tendance annuelle. Les TPE du BTP restent les plus pénalisées (le CA recule de -3% en tendance annuelle), ainsi que les TPE de l’artisanat de services (-2%).

La situation diverge également selon la taille des entreprises : les entreprises sans salarié sont les plus touchées, avec un recul d’activité en tendance annuelle de -2,1% en volume. Ce taux diminue avec l’effectif des entreprises : -1,4% pour les entreprises de 1 à 5 salariés, -0,7% pour celles de 6 à 9 salariés et -0,5% pour les 10 salariés et plus.

Les trésoreries restent dégradées : 19 % des entreprises constatent une détérioration contre 11 % une amélioration.

Les anticipations restent négatives pour le 2e trimestre : 18 % prévoient une activité moins soutenue, contre seulement 8 % une activité plus soutenue.

Concernant la situation financière des entreprises, le baromètre FIDUCIAL/IFOP apporte un complément sur la situation financière ressentie : 46 % des TPE déclarent rencontrer des difficultés financières (en hausse de 5 points par rapport au trimestre précédent), dont 24 % des difficultés importantes (+ 4 points). Les entreprises sans salarié apparaissent à nouveau plus exposées : 26 % déclarent des difficultés importantes, contre 16 % des TPE de 10 salariés et plus. Les écarts sectoriels sont également importants : cette part atteinte 29% parmi les TPE du bâtiment et 30% dans le commerce.

Parmi ces entreprises en difficulté financière importante , 41% envisagent de cesser leur activité ou de déposer le bilan dans les prochains mois, dont 26% d’ici à 6 mois. Ce sont donc 19% des entreprises qui envisagent une fermeture ou une procédure de défaillance.

Les mouvements d’emploi sont faibles : 8 % ont embauché ou prévu d’embaucher, contre 7 % ayant supprimé ou prévu de supprimer des postes. Le solde est donc très faible, traduisant un marché de l’emploi atone.

Le baromètre FIDUCIAL/IFOP mesure également le moral des dirigeants et confirme le diagnostic d’une conjoncture très tendue pour les TPE : seuls 40 % des patrons de TPE se disent optimistes pour leur propre activité (en baisse de 6 points par rapport au trimestre précédent).

A titre professionnel, près de la moitié (48%) se déclarent très préoccupés par le contexte international. Les conséquences des conflits figurent d’ailleurs au premier rang des principaux risques perçus par les chefs d’entreprise : une hausse du coût de l’énergie et des prix de matières premières. Pour mémoire, 33% des TPE importent une partie de leurs achats, et 13% exportent une partie de leurs produits et services.

L’impact du contexte international est également mesuré par l’enquête Opinonway-CCI France – La Tribune-LCI : fin mars, la guerre en cours au Moyen-Orient a déjà eu un impact sur l’activité économique de 41% des entreprises de 1 salarié et plus (une part stable pour les TPE, PME et grandes entreprises) :

  • 56% des entreprises interrogées ont constaté une hausse de leur facture énergétique (69% dans le BTP)
  • 54% ont vu une baisse de la demande (59% dans le commerce).

Selon OpinionWay, le niveau de confiance des dirigeants pour leur propre entreprise apparaît néanmoins moins dégradé que dans le baromètre IFOP/FIDUCIAL : 60% se disent confiants sur l’avenir de leur entreprise dans les 12 mois.

Article rédigé par Catherine ELIE

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