Enquête « Impact climatique » au sein des artisans du BTP

LU pour vous
« Résultats de l’enquête « Impact climatique » », CAPEB, Mai-Juin 2026

Méthodologie
L’enquête a été menée entre le 21 mai et le 12 juin 2026, auprès de 2 200 artisans du bâtiment et des travaux publics du réseau CAPEB, répartis sur l’ensemble du territoire.
Elle dresse un état des lieux de la perception des aléas climatiques, de leurs impacts concrets et des besoins exprimés par les entreprises artisanales du bâtiment.

=>Adaptation face aux aléas climatiques : un enjeu reconnu mais pas encore prioritaire

Selon l’étude, 75% des entreprises indiquent que l’adaptation aux aléas climatiques est un enjeu. Pourtant, seule un quart d’entre elles en fait une priorité, ce qui montre un décalage entre la prise de conscience et l’action. Le principal frein reste l’absence de besoin perçu, citée par 42% des entreprises.

Les principaux aléas climatiques auxquelles les artisans font face sont la chaleur, canicule (91%), les précipitations, inondations (60%) et dans une moindre mesure, le froid, grêle, gel, neige (48%). 45% citent d’autres aléas, tels que le vent, la sécheresse ou les incendies.
68% des artisans indique une augmentation de la fréquence de ces aléas ces cinq dernières années, quand 22% parlent de stabilité.

=>Des effets bien réels sur l’activité

Au siège, au dépôt ou à l’atelier, les conséquences matérielles restent limitées pour la majorité des répondants : 81% déclarent n’avoir subi aucune conséquence sur le lieu de l’entreprise ou sur le matériel. En revanche, les aléas perturbent fortement l’exercice de l’activité, notamment par des retards de chantiers, des difficultés liées aux matériaux et une désorganisation du travail.

En 2025, les aléas climatiques ont eu un impact économique sur les entreprises. Les pertes médianes sont de 5 jours de travail, 4 800 € de CA, soit 2% de leur CA.

L’étude met en avant les points d’impact suivants sur l’activité, ainsi que les difficultés associées :

  • Pour la main-d’œuvre : les horaires décalés (55%), la fatigue accrue ou encore l’arrêt ou le retard des travaux pour mise en sécurité.
  • Pour les chantiers : les retards très fréquents (58%), des difficultés de mise en œuvre de matériaux ou encore une baisse de chiffre d’affaires (28%).
  • En matière logistique : les accès impraticables aux chantiers (26%) ; les retards de livraison des fournisseurs (25%), même si une majorité d’entreprises dit ne pas avoir été impactée dans ce domaine (53%).
  • Côté dirigeant : stress (52%), désorganisation (49%) et surcharge de travail (40%) reviennent souvent dans les réponses.

L’impact sur le CA est donc globalement négatif, même si les aléas climatiques sont parfois à l’origine de chantiers :

  • 19% des demandes de travaux ont lieu par anticipation des impacts climatiques. Ils portent principalement sur le rafraîchissement, l’isolation thermique, l’occultation et la protection solaire, puis le chauffage.
  • Un tiers des demandes de travaux sont liées directement à un dégât engendré par les aléas climatiques : ils concernent surtout les travaux de toiture après sinistre.

=>Les mesures privilégiées par les entreprises face à ces enjeux climatiques : avant tout l’adaptation des horaires de travail

Les entreprises artisanales du BTP ont dans leur ensemble déjà mis en œuvre certaines mesures pour palier ces aléas :

  • 70% d’entre elles adaptent les horaires de travail (ex, début de journée à 6h en été),
  • la moitié suit régulièrement la météo via des applications spécifiques.

D’autres solutions sont moins utilisées :

  • achat de vêtements techniques (anti-uv, rafraichissant, chauffant) : 28%,
  • un quart des entreprises vérifient l’exposition des lieux d’intervention aux risques.

Seulement 3% des entreprises ont réalisé un diagnostic de leur exposition ou de leur vulnérabilité aux aléas climatiques. 14% des entreprises ne mettent en place aucune mesure particulière.

Face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents, les entreprises artisanales du BTP restent donc encore insuffisamment préparées. Les attentes exprimées sont les suivantes :

  • un tiers d’entre elles souhaitent disposer d’une information météorologique locale plus précise et plus anticipée, ainsi que d’aides financières pour s’équiper en matériel de protection.
  • D’autres besoins sont également exprimés : investir dans du matériel adapté, bénéficier d’une meilleure offre assurantielle, et disposer d’outils, d’accompagnement pour faire évoluer l’organisation de l’entreprise. Elles souhaitent aussi mieux identifier les impacts potentiels sur leur activité ou encore disposer d’une cartographie des risques climatiques à l’échelle de leur région.

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Article rédigé par Mylène Reboul-Salze, Institut Supérieur des Métiers

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