IA : quels effets sur l’emploi ?

LU POUR VOUS : « Trésor-Éco n° 391 (Juin 2026),  » L’intelligence artificielle, quels effets sur l’emploi ? « , Dares, Juin 2026

Cette synthèse de la Direction générale du Trésor s’appuie sur une revue de la littérature économique et des travaux académiques consacrés aux effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi et sur la productivité. Elle croise les résultats d’études afin de dresser un état des connaissances sur les impacts de l’IA sur le marché du travail.

=> Des emplois transformés plus que supprimés par l’IA

L’essor rapide de l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle phase d’automatisation des tâches dans l’ensemble de l’économie. Contrairement aux précédentes vagues technologiques, l’IA se diffuse plus rapidement grâce à des interfaces simples d’utilisation et accessibles, ce qui facilite son adoption par les entreprises et les travailleurs.

Les précédentes révolutions technologiques montrent que les destructions d’emplois liées aux innovations ont historiquement été compensées par la création de nouvelles activités. Aujourd’hui, près de 60 % des travailleurs occupent des métiers qui n’existaient pas en 1940.

Pour autant, l’impact de l’IA sur l’emploi reste encore difficile à mesurer. Les études disponibles ne permettent pas aujourd’hui d’établir un bilan global entre destructions et créations d’emplois, notamment parce que son déploiement reste encore limité. Selon l’enquête Ipsos « IA en entreprise : état des lieux et leviers d’accélération », 35 % des actifs utilisent déjà l’intelligence artificielle au moins une fois par semaine dans le cadre de leur travail.

=> Des impacts variables selon les métiers

Les effets de l’IA sur l’emploi peuvent prendre deux formes.

  • D’une part, les emplois menacés, pour lesquels une part significative des tâches pourrait être automatisée, sans que cela n’entraîne nécessairement la disparition des postes.
  • D’autre part, les emplois valorisés, « augmentés », pour lesquels l’IA prend en charge certaines tâches, permettant aux professionnels de se recentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.

Les études expérimentales disponibles montrent des gains de productivité importants : jusqu’à +14 % pour les agents de service client et +26 % pour les développeurs informatiques dans les expériences étudiées par la recherche académique.

Ces effets peuvent toutefois varier fortement selon les professions. Selon les travaux d’Antonin Bergeaud sur l’exposition des métiers français à l’IA générative, certains métiers apparaissent peu exposés, comme les couvreurs, cuisiniers ou aides à domicile. D’autres sont fortement exposés mais dans une logique de complémentarité : les médecins, architectes, juristes ou graphistes. Enfin, par exemple, les comptables ou secrétaires, présentent une exposition plus forte aux possibilités de substitution de certaines tâches.

L’UNEDIC estime ainsi qu’environ 16 % des emplois seraient exposés à l’IA (emplois menacés ou valorisés).

Les précédentes révolutions technologiques montrent que les destructions d’emplois liées aux innovations ont historiquement été compensées par la création de nouvelles activités. Aujourd’hui, près de 60 % des travailleurs occupent des métiers qui n’existaient pas en 1940, illustrant la capacité du marché du travail à se transformer avec les évolutions technologiques.

Les premières observations sur les entreprises utilisant l’IA vont dans ce sens : au sein d’un même secteur, les entreprises qui adoptent ces technologies peuvent enregistrer une progression de leur activité et créer davantage d’emplois qu’elles n’en détruisent (Babina et al., 2024 ; Lebastard et al., 2026).

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Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers