Le « Baromètre de l’Artisanat » est réalisé par l’Institut Supérieur des Métiers en partenariat avec la MAAF. Après trois éditions en 2025 consacrées au marché de l’emploi, à la création d’entreprise et à la mixité, la 4ᵉ publication de l’année porte sur la sous-traitance industrielle artisanale.
Les données exploitées proviennent de fichiers nationaux (INSEE, ACOSS-URSSAF, MEN-MESR, etc.) et concernent le champ de l’artisanat.
La santé économique de l’artisanat de sous-traitance industrielle est un enjeu de politique publique, à l’heure où la relance et la relocalisation de l’industrie sont souhaitées en France : cette politique ne peut en effet aboutir sans un tissu robuste d’entreprises sous-traitantes. Or, 90% des entreprises de pure sous-traitance industrielle sint de taille artisanale (moins de 20 salariés). Dans ces secteurs (transformation du métal, plasturgie, assemblage électronique, montage/installation sur site…), près de 33 000 entreprises artisanales emploient 93 000 salariés
En 2022, 33 030 entreprises artisanales relèvent des activités de sous-traitance industrielle. Ce nombre est en hausse de 11 % par rapport à 2019.
Toutes les régions sont concernées par cette progression, avec toutefois des intensités variables. Les hausses les plus marquées sont observées en Occitanie (+17 %), tandis que la croissance est plus modérée en Île-de-France (+3 %).
Les secteurs les plus représentés sont :
- le décolletage et la mécanique industrielle, qui regroupent 15 710 entreprises ;
- la chaudronnerie, avec 9 560 entreprises ;
- les activités de forge, estampage, matriçage et découpage, qui comptent 2 200 entreprises ;
- les traitements et revêtements des métaux, avec 1 890 entreprises.
Une croissance portée par les entreprises sans salarié
La progression du nombre d’entreprises repose principalement sur le développement des entreprises sans salarié, dont l’effectif augmente de 24 % entre 2019 et 2022, contre +1 % seulement pour les entreprises employeuses.
Cette évolution se traduit par une hausse de la part des entreprises sans salarié, qui passe de 44 % en 2017 à 52 % en 2022, confirmant une dynamique entrepreneuriale largement non salariée dans la sous-traitance artisanale industrielle.
Un recul progressif de l’emploi salarié
À l’inverse, l’emploi salarié dans les entreprises artisanales de sous-traitance industrielle de moins de 20 salariés recule de manière continue depuis 2017. Il s’établit à 97 250 emplois, avant de connaître une baisse plus marquée pour atteindre 92 920 emplois en 2024.
La région Auvergne-Rhône-Alpes demeure la première région en matière d’emplois salariés du secteur, avec 19 540 emplois en 2024. Toutefois, entre 2019 et 2024, l’emploi salarié diminue dans la majorité des régions.
Seules trois régions font exception :
- la Bretagne, où l’emploi salarié progresse de 2 % ;
- l’Occitanie et la Corse, où il se stabilise (+0 %).
Des tensions persistantes sur le marché du travail
La baisse de l’emploi salarié s’inscrit dans un contexte de fortes difficultés de recrutement, en lien notamment avec la diminution du nombre de demandeurs d’emploi dans certains métiers clés.
À titre d’exemple, on dénombre 8 520 demandeurs d’emploi chaudronniers-tôliers en décembre 2024, soit une baisse de 4 % en deux ans.
*La sous-traitance industrielle désigne les activités de fabrication, de transformation ou de maintenance réalisées par des entreprises pour le compte de donneurs d’ordre industriels. La sous-traitance industrielle Artisanale repose sur l’analyse des activités relevant des codes NAF suivants : 1330Z, 2219Z, 2229A, 2451Z, 2452Z, 2453Z, 2454Z, 2511Z, 2550A, 2550B, 2561Z, 2562A, 2562B, 2573A, 2593Z, 2594Z, 2612Z, auxquels s’ajoutent certains codes de sous-traitance partielle (3311Z, 3312Z et 3320A).
Retrouver les autres éditions du baromètre de l'Artisanat sur le site de MAAF Assurances.
Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers


