LU POUR VOUS : IPSOS, IA en entreprise : état des lieux et leviers d’accélération
L’étude s’appuie sur des enquêtes quantitatives et une approche qualitative. Une enquête « citoyens » a été menée en mars-avril 2025 dans 30 pays, auprès de 23 000 répondants (dont 1 000 en France), avec redressement des données. Un volet spécifique interroge 2 000 actifs sur leurs usages professionnels de l’IA, complété par une enquête auprès de 283 cadres dirigeants en France.
> L’IA dans les entreprises : les usages sont moins présents dans les TPE (15%) qui se sentent également les moins menacées
L’adoption de l’intelligence artificielle progresse dans les entreprises françaises, mais reste fortement différenciée selon leur taille. En 2025, 58 % des entreprises de plus de 250 salariés déclarent utiliser des outils d’IA, contre 31 % des entreprises de taille intermédiaire et seulement 15 % des TPE.
La perception de l’IA est globalement positive, quel que soit le type d’entreprise. Toutefois, les grandes structures expriment davantage de préoccupations : 39 % des dirigeants d’entreprises de plus de 250 salariés perçoivent l’IA comme une menace pour leur organisation, contre 21 % dans les PME et 15 % dans les TPE.
Du point de vue des dirigeants, la compréhension de l’IA est élevée (75 %), avec un niveau encore plus marqué dans les ETI (jusqu’à 86 %), contre 58 % dans les PME et TPE.
Dans les entreprises ayant déjà intégré des outils d’IA, 76 % déclarent avoir réalloué le temps gagné vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. Néanmoins, les freins restent importants, notamment en matière de formation : seule une minorité d’actifs a bénéficié d’un accompagnement professionnel à l’IA (13 % des auto-entrepreneurs, 16 % des salariés dans les TPE, 19 % dans les PME et 30 % dans les ETI et grandes entreprises).
Sur le plan des usages professionnels, l’IA reste principalement mobilisée comme outil d’assistance :
- recherches simples (39 %),
- gains de productivité (36 %),
- recherches approfondies (27 %),
- tâches créatives (26 %).
Son usage demeure encore limité dans le travail : 35 % des actifs l’utilisent au moins une fois par semaine dans un cadre professionnel, contre 41 % dans leur vie personnelle, et 37 % ne l’utilisent jamais au travail.
Enfin, les bénéfices perçus varient selon les statuts : l’amélioration de l’efficacité est citée par 44 % des dirigeants de TPE et 41 % des auto-entrepreneurs, contre 33 % des salariés.
> L’IA dans les usages privés : des usages en forte progression
L’usage de l’intelligence artificielle connaît une progression rapide : en 2025, 51 % des adultes français déclarent avoir utilisé l’IA au cours des 12 derniers mois, soit une hausse de 23 points par rapport à 2023. Ce niveau reste toutefois inférieur à la moyenne européenne (62 %).
La compréhension déclarée de l’IA atteint 59 % en France, mais demeure en retrait par rapport à certains pays (75 % aux Pays-Bas, 70 % en Corée du Sud). Elle varie fortement selon les profils : plus élevée chez les hommes (67 %) que chez les femmes (51 %), et chez les jeunes (72 % des moins de 35 ans contre 45 % des 50 ans et plus).
Malgré cette diffusion, la perception de l’IA reste ambivalente. Les Français expriment à la fois des attentes et des inquiétudes :
- 55 % estiment que l’IA va profondément transformer leur vie,
- mais seuls 36 % perçoivent son impact comme globalement positif,
- et environ 40 % se déclarent enthousiastes ou convaincus par ses avantages.
Les jeunes actifs apparaissent nettement plus positifs (54 % de perception favorable chez les 16-24 ans, contre 36 % chez les 55-64 ans).
Les craintes principales portent sur :
- la dépendance excessive à l’IA (25 %),
- la perte des interactions humaines (24 %),
- les risques pour la confidentialité des données (23 %),
- et le remplacement de l’emploi (21 %).
À noter : les utilisateurs réguliers expriment davantage de craintes que les non-utilisateurs, signe d’une appropriation plus concrète des enjeux.
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Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers




