LU POUR VOUS : « Le travail en transitions – L’incertitude permanente, nouvelle normalité pour les dirigeants d’entreprises ?« , UNEDIC & ELABE, Juin 2026
Cette étude, réalisée par Elabe pour l’UNEDIC, analyse le comportement des chefs d’entreprise face aux incertitudes de leur environnement. Elle s’appuie sur une enquête menée par téléphone auprès de 400 dirigeants d’entreprises employeurs. Les résultats ont été redressés selon la taille des entreprises et des secteurs d’activité, afin de refléter au mieux la réalité du tissu des entreprises.
=> Pour les trois quarts des entreprises, l’environnement dans lequel elles évoluent est imprévisible.
Cette perception est particulièrement forte dans les petites entreprises. 77 % des dirigeants d’entreprises de 1 à 9 salariés partagent ce constat, contre 46 % dans les entreprises de 250 salariés et plus. Les secteurs d’activité sont également concernés de manière différente. L’incertitude est particulièrement élevée dans l’industrie (80 %), dans les activités liées à l’information, la finance, l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises (81 %), ainsi que dans la construction (73 %). Elle est moins marquée dans les secteurs de la santé, du social et de l’enseignement (55 %).
51 % considèrent que leur environnement est moins prévisible qu’avant la crise du Covid-19. Pour 66 % des dirigeants, cette situation semble appelée à durer.
=> Des facteurs d’incertitude à la fois externes (avant tout l’environnement national) mais aussi internes (main d’oeuvre)
Pour les dirigeants, la première difficulté vient de l’environnement politique et réglementaire national. 71 % estiment que l’instabilité politique nationale, les changements de réglementation, de fiscalité et le manque de visibilité sur le budget de l’État compliquent leurs décisions.
D’autres facteurs pèsent également sur les entreprises : les évolutions des attentes des clients (54 %), l’instabilité géopolitique (46 %) ou encore des facteurs internes, comme les difficultés liées au recrutement (46 %). Les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, sont aujourd’hui moins souvent citées comme une source d’inquiétude (21 %), tout comme le vieillissement de la population (17 %).

=> Les TPE sont plus fragilisées par ce climat d’incertitude
Aujourd’hui, un dirigeant sur deux estime ne pas avoir de visibilité fiable au-delà d’un an. Les petites entreprises sont les plus fragiles sur ce point : 25 % des dirigeants de moins de 10 salariés déclarent avoir une visibilité inférieure à six mois, contre 12 % dans les entreprises de 250 salariés et plus.
En matière d’impact, les entreprises de moins de 10 salariés sont davantage touchées par les hausses de coûts et les changements de règles. Ainsi, 63 % des dirigeants de petites entreprises déclarent être fortement impactés par l’inflation, contre 56 % dans les entreprises de 250 salariés et plus. Elles sont aussi plus sensibles aux décisions publiques : 72 % des dirigeants de moins de 10 salariés citent l’instabilité politique, les changements de réglementation et de fiscalité comme un frein, contre 58 % dans les entreprises de plus de 50 salariés.
Les dirigeants de petites entreprises se déclarent également davantage touchés par la fatigue et le stress
66 % des dirigeants de moins de 10 salariés se déclarent fatigués, contre 50 % dans les grandes entreprises. De même, le stress concerne 63 % des dirigeants de petites structures, contre 33 % dans les grandes entreprises.
À l’inverse, les grandes entreprises sont davantage confrontées aux transformations de leur environnement. Elles citent plus souvent les nouvelles attentes des clients (62 % contre 54 % dans les petites entreprises), les risques liés à la cybersécurité (44 % contre 22 %) ou encore les évolutions technologiques (37 % contre 20 %).
=> Deux points d’impacts majeurs : mieux décrypter l’environnement et réduire les investissements
Mais malgré un contexte difficile, les dirigeants restent engagés : 96 % se déclarent déterminés à poursuivre leur activité. L’autre mot d’ordre est la prudence : 93% des dirigeants.
Les mesures prises par les dirigeants reflètent ce comportement :
- ces douze derniers mois, 72 % des dirigeants ont pris en compte les risques qui peuvent peser sur leur activité, pour mieux s’y préparer.
- par prudence, 61 % ont reporté ou réduit certains investissements
- plus de la moitié (54 %) ont fait évoluer leurs prix de vente
- un dirigeant sur deux déclare chercher de nouveaux marchés pour développer son activité (52 % des entreprises de 1 à 9 salariés, contre 75 % des entreprises de 250 salariés et plus).
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Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers

